mercredi 14 juin 2017

A Auvers sur Oise, sur les pas de Vincent Van Gogh

©Axel Pivet - Auvers sur Oise, parc Van Gogh, statue par Zadkine

Sortie scolaire aujourd'hui avec une classe de CM2, direction Auvers sur Oise dans le nord de Paris. Voici plusieurs semaines que les élèves travaillent sur la vie de Van Gogh, qu'ils en connaissent les moindres détails, ils vont maintenant passer de la théorie à l'environnement concret.

Le trajet en car est rapide. Les élèves, passée la traditionnelle question "vous êtes le papa de qui ?", me voient dessiner avec comme commentaire de nombreux "trop bien". Certains me demandent de croquer leur portrait, qui ne seront pas publiés naturellement, difficiles à réaliser avec les soubresauts du car.

©Axel Pivet - Dans le car, destination Auvers

La visite du village se fait en compagnie d'une conférencière, qui nous fait partir de la statue en bronze du sculpteur Zadkine, lequel a aussi réalisé une oeuvre symbolisant l'affection des deux frères Van Gogh, installée en Hollande dans leur ville natale. Zadkine a cherché à présenter le peintre marqué par ses gros traits de peinture, ici taillés dans le bronze, un chevalet et quelques toiles sur le dos, le carnet de dessin à la main.

©Axel Pivet - Statue de Van Gogh par Zadkine

L'auberge Ravoux où a brièvement vécu le peintre pendant deux mois est sur la place de la mairie, à quelques pas du parc d'accueil. Fermée en ce mardi, la chambre n'est pas visitée par les groupes d'enfants. On en aperçoit la lucarne sur le côté. Classée monument historique, l'Auberge Ravoux est toujours un restaurant de nos jours, conservé dans un jus d'origine jusqu'aux voilages réalisés à l'identique.
La chambre de Van Gogh ne mesure que 5 m2 ; chambre d'un suicidé elle n'a jamais été relouée après juillet 1890 quand il a rendu l'âme en ce lieu.

©Axel Pivet - Auberge Ravoux

Derrière l'auberge Ravoux, une petite rue mène à un escalier aujourd'hui remodelé, que Van Gogh a reproduit. Un groupe de touristes asiatiques prend la pose en reprenant exactement l'emplacement des personnages visibles sur le tableau, mais de face.
De l'escalier on accède à ce qui était autrefois la rue principale du village qui mène à l'église. Partout des panneaux reproduisant des tableaux permettent de voir l'emplacement où Van Gogh a posé son chevalet, afin de partager l'émotion de l'Histoire qui continue de vivre.

©Axel Pivet - Eglise d'Auvers sur Oise

La visite est bien faite, qui fait emprunter un petit chemin vers des champs de blés, pas encore jaunis en cette saison, dans lesquels quelques coquelicots tentent de poindre. Idéal pour présenter le célèbre "champ de blé aux corbeaux" parfois présenté comme sa dernière oeuvre.
De là, il suffit de franchir une courte distance pour parvenir au cimetière où reposent les deux frères Van Gogh. Son cadet Théo est pourtant mort à Utrecht (6 mois seulement après Vincent) mais son épouse a souhaité que son corps soit déplacé pour être à côté de son frère, près de 25 ans après sa mort.
L'idée de planter du lierre pour ne faire qu'une sépulture unique est plus récent.

©Axel Pivet - Cimetière d'Auvers sur Oise, la tombe des frères Van Gogh

Retour vers Courbevoie, les yeux remplis des paysages du Val d'Oise, après avoir mis ses propres pas dans ceux de Van Gogh. Auvers sur Oise était déjà connu bien avant l'arrivée de ce peintre qui n'aura vendu de son vivant qu'une seule toile ; aujourd'hui le village reste vivant autour de la personnalité de Vincent Van Gogh, toujours attractif pour de nombreux artistes.

©Axel Pivet - Retour en car

vendredi 9 juin 2017

De retour chez Claude Monet


Il y a deux ans c'était sous la floraison de Pâques que nous étions allés visiter le jardin et la maison de Claude Monet, dans un jardin encore dépouillé aux arbres parfois nus (à voir ici : http://axelpivet.blogspot.fr/2015/04/visite-giverny-chez-claude-monet.html ).
Cette année, c'est en ce jour de Pentecôte que nous retournons chez Claude Monet, sous un soleil généreux que quelques nuages viennent adoucir.
Spectacle radicalement différent, le jardin croule sous une profusion de fleurs de toutes sortes, explosion de couleurs et de parfums, l'oeil ne sait où se poser en particulier tant il y en a à voir.

Il faut bien de la patience pour entrer car en ce week-end prolongé, la foule est dense qui cherche à voir ce bijou floral. Mais c'est une file d'attente ombragée qui passe sans s'en rendre compte.

Quand on sort du jardin pour emprunter le passage souterrain, on ressort dans un nouvel univers, en parcourant un cheminement au milieu des bambous qui permet d'arriver dans un écrin de verdure autour de l'étang des Nymphéas. 
Il faut bien admettre que l'effet de foule se fait plus pesant, le cheminement se transforme en procession lente pour attendre, à pas comptés, le moment d'atteindre enfin le bord de l'étang et attendre encore pour avoir une place en première ligne. Le croquis se doit d'être rapide car la presse se fait sentir de ceux qui attendent en arrière.


C'est l'occasion de changer de point de vue, de profiter d'une autre lumière. Harmonie des verts qui se déclinent sur toutes les variations de la palette, reflets paisibles jusqu'à ce que deux touristes hystériques et mal élevées décident de jouer aux nymphes disgracieuses en descendant dans l'eau de l'étang ! Hélas les récriminations des visiteurs tout autour n'ont eu aucun effet sur ces deux écervelées. Le pire est qu'elles ont dû se croire irrésistibles...


Passé le moment de cette rencontre douloureuse avec la bêtise, il y a dans le jardin, le long de la clôture qui sépare de la route, un espace reculé avec un banc de pierre, en retrait de l'année. Autant les rares bancs sont pris d'assaut, autant celui-ci est souvent vide ; est-ce la pierre dont il est fait qui rebute le visiteur, ou est-il à ce point dissimulé en arrière de là où se porte le regard ?
Emplacement idéal pour se poser et profiter de la vue vers la maison au travers de la multitude de plans fleuris. La Fondation Claude Monet en entretenant le jardin assure un travail vraiment merveilleux, dans la droite file de l'oeuvre du Maître qui aimait follement son jardin dont il était si fier, et à juste raison.


Rien de tel ensuite que d'aller faire un tour dans le village de Giverny. On y croise diverses galeries de peintres plus ou moins inspirés qui rappellent que Giverny, bien avant que Monet n'y achète sa maison, attirait déjà des peintres venus de partout.
La vue depuis l'ancien hôtel Baudy est magnifique vers la vallée, dans un petit jardin au charme préservé autour d'un vieil atelier dans son jus d'époque.
Profiter enfin d'un veste terrain dédié selon le panneau "aux loisirs des habitants de Giverny", espace d'herbe où s'allonger au soleil de la fin de journée pour s'y reposer un instant, au coeur du village aux maisons souvent typiques.


Quel plaisir de revenir à Giverny. Contrairement à un musée qui présente toujours les mêmes collections, le jardin de Claude Monet offre des facettes toujours nouvelles en fonction de la saison comme de la lumière entre le matin et le soir. Quel plaisir de pouvoir y peindre, car après tout ce jardin a été créé pour le plaisir des yeux et pour pouvoir être peint...

Plus d'informations pour visiter Giverny sur le site de la Fondation Claude Monet : http://fondation-monet.com