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mercredi 10 juillet 2019

Consécration de l'autel de l'église Saint Maurice de Bécon


©Axel Pivet - Bénédiction de l'autel
Le dimanche 23 juin 2019 a eu lieu une célébration exceptionnelle, qui n'arrive pas souvent dans la vie d'une église : la consécration de son autel.
Voici le reportage en croquis réalisés sur place depuis la tribune de l'orgue.

Montage réalisé par le diocèse de Nanterre pour annoncer l'évènement
Depuis les grands travaux qui ont suivi le concile Vatican 2, au cours desquels le maitre autel situé contre le mur a été retiré pour être remplacé par un autel plus moderne, en bois, placé au centre du choeur, cette consécration n'avait pas été faite.
Or des travaux de rénovation de l'église dans son ensemble et du choeur en particulier, qui avait bien besoin d'un sérieux rafraichissement après toutes ces années, ont été entrepris à partir de 2017 qui se sont achevés début 2019.
L'occasion de se pencher sur les archives et de constater que l'autel n'avait pas été consacré, d'autant qu'il ne contient aucune relique.
Le fondateur de la paroisse, l'abbé Oudin qui repose au pied du choeur, s'est-il fait enterrer avec la clé du coffre fort dans lequel seraient emprisonnées des reliques ? Nul ne le sait aussi, par l'intermédiaire de l'évêque de Nanterre, une requête a été adressée à la vénérable abbaye Saint Maurice d'Agaune, en Suisse, lieu du martyr de Saint Maurice et de ses compagnons de la légion thébaine, tués pour avoir refusé de sacrifier à des idoles.


Après quelques ajustements de l'autel nécessaires pour qu'il puisse répondre aux critères liturgiques (notamment : une pierre insérée pour y contenir deux caveaux pour les reliques et une plaque de métal recouvrant le dessus de l'autel), une grand messe pouvait être célébrée par l'évêque de Nanterre Monseigneur Mathieu Rougé, selon un rite très codifié.
Perché à la tribune de l'orgue, un magnifique Cavaillé-Coll lui aussi restauré (et qui a fait lui aussi l'objet d'une messe de consécration particulièrement émouvante et pleine de symbolisme en son temps), je m'installe avec chevalet, bloc de feuilles et ma palette pour croquer, tel un reporter à l'ancienne, les grandes phases de cette messe.

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - temps d'accueil

L'ordre est le suivant : la procession entre dans l'église sans saluer l'autel qui n'est pas recouvert d'une nappe blanche ; après un mot d'accueil, l'évêque parcourt l'église et asperge l'église dans son ensemble et l'assemblée par la même occasion ; l'ambon (pupitre de lecture) est béni à son tour ; homélie ; prière de bénédiction de l'autel ; litanie des saints que l'évêque et le curé le Père Lorenc vivent à genoux devant l'autel ; déposition des reliques ; onction de l'autel avec du Saint Chrème que l'évêque, revêtu de manchons et d'un tablier (grémial), va étaler sur toute la surface de l'autel ; encensement, illumination de l'autel (les bougies y sont allumées à partir du cierge pascal).
Puis la liturgie eucharistique peut commencer, sur un autel nouvellement consacré, revêtu à nouveau des ornements de la messe (la nappe blanche et la croix d'autel).
©Axel Pivet - Consécration de l'autel - bénédiction de l'assemblée

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - lectures et homélie
Depuis la tribune, le temps passe sans s'en rendre compte, à croquer frénétiquement, à jeter quelques touches de couleur pour marquer la mémoire.
Tout change à chaque instant, l'évêque n'est pas revêtu des mêmes ornements selon telle ou telle phase (avec ou sans la mitre, avec ou sans la crosse, avec ou sans la chasuble, sans la chasuble mais avec la mitre, etc...). Chaque geste a sa signification propre, chaque symbole a un sens. Rien ici n'est folklore ou exagération plus ou moins intégriste. Non, l'église est la maison de Dieu, l'autel est la table où le profond Mystère du pain transformé en Présence Réelle est renouvelé chaque jour.
Cette messe de consécration est alors un point d'orgue (et sûrement pas le point final) de cette grande phase de travaux initiée par le précédent curé le Père Mevel et achevé par son successeur, démonstration de la continuité de l'Eglise et du dynamisme d'une communauté paroissiale.
©Axel Pivet - Consécration de l'autel - litanie des saints

©Axel Pivet - Bénédiction de l'autel

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - déposition des reliques

Vue d'en haut, cette messe avait une dimension surprenante quand je suis plus habitué à les vivre au coeur de l'assemblée. La vue dominante et large m'a permis de rendre au mieux de mes capacités l'ambiance particulière ; il faut à chaque croquis faire vite.

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - onction au Saint chrème

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - illumination de l'autel

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - liturgie

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - liturgie

Moment fort encore quand je dois rejoindre la procession des offrandes et derrière les porteurs du calice et des hosties, porter jusqu'à mon évêque une aquarelle de Marie que j'ai réalisée spécialement pour l'occasion et qui, sur proposition spéciale de mon curé, est offerte à Mgr Rougé. Il est en effet de tradition, quand l'évêque se rend dans une paroisse pour une célébration "officielle", de lui offrir un présent. Mon aquarelle va finir la messe dans le choeur, avant de partir vers l'évêché situé à Nanterre...

©Axel Pivet - la Vierge Marie, aquarelle 

A droite dans le choeur, mon aquarelle en belle place

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - l'organiste à l'oeuvre

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - le choeur
Affiche réalisée par la paroisse, sur la base d'une aquarelle du choeur 
que j'ai réalisée sur place en décembre 2018

vendredi 10 avril 2015

Matériel de sketcher

Note préalable : ma pratique évoluant et cet article étant le plus régulièrement consulté du blog, je le mets à jour pour vous faire profiter des retours d'expérience sur le matériel évoqué.


Perdu dans un abîme de perplexité face à une page blanche, l'idée m'est subitement venue d'écrire sur le matériel qu'un croqueur urbain promène avec lui, en tout cas celui que j'utilise et qui n'est qu'un exemple parmi d'autres. 

La technique qui me caractérise est l'encre de Chine avec aquarelle sur carnets, même si j'apprécie aussi de faire une esquisse au crayon léger. Il m'arrive également de croquer sans esquisse préalable, directement à l'aquarelle ce qu'autrefois je n'osais pas faire mais qui s'avère en réalité très plaisant.

Mes carnets sont de différents formats, non seulement pour être en mesure de m'adapter à un environnement mais aussi en fonction d'un contexte. Ainsi au quotidien j'ai sur moi un carnet A6 qui a le mérite de tenir dans une poche, d'être d'un encombrement minimum tout en offrant une taille déjà suffisante pour un croquis fait "entre deux" et donc très rapidement.
En revanche, en vacances ou en week-end, le carnet sera plus grand jusqu'au A4 car alors j'aurai un sac à disposition pour le porter et le temps nécessaire pour me lancer dans une composition plus grande.

J'avoue une prédilection pour les carnets Moleskine, non par snobisme déplacé mais pour des raisons très concrètes. La résistance d'abord : un Moleskine peut s'ouvrir à plat sans que la couture à terme ne finisse par rompre. Son volume, qui reste discret notamment du fait de l'épaisseur de la couverture rigide. J'ai comparé avec d'autres marques, la couverture Moleskine reste, à résistance et rigidité égale, la plus fine et donc la moins gênante dans la poche.

Depuis peu j'ai découvert les carnets de la marque Hahnemühle ("le Moulin du Coq") qui présente les mêmes caractéristiques que Moleskine en terme de qualité du papier, résistance de la couverture et légèreté, mais qui a l'avantage de proposer un format A5 version portrait et non seulement à l'italienne comme chez Moleskine.

L'esquisse du croquis est chez moi faite à l'encre de Chine, avec ces feutres à pointe fine si possible, non délayable à l'eau. Ainsi l'encre reste discrète et va tenir lors de la mise en couleur. J'ai beau avoir plusieurs tailles de feutre sur moi, j'ai tendance à n'en utiliser qu'une seule par croquis ; le trait est ainsi fait en une seule fois, sans changer d'instrument.

J'ai découvert depuis peu le plaisir de dessiner à la plume et je n'utilise donc les feutres que lors de voyages en avion (les plumes n'aiment pas la surpression en cabine qui provoque des fuites, sauf à voyager avec le stylo d'un coté et la cartouche ou le réservoir d'encre de l'autre). Je travaille avec deux stylos : un Lamy Safari pointe moyenne, que je charge d'encre noire Dokumentus qui résiste parfaitement à l'eau sans temps de séchage ; un Carbon Platinum, avec l'encre Platinum en cartouche ou en réservoir à pompe. On joue avec la plume pour doser la largeur du trait, c'est une finesse très appréciable. Bien sûr, qui dit plume et encre dit pas de droit à l'erreur ou plus exactement, pas de possibilité de repentir : ce qui est fait est fait et il faut l'assumer, faire avec.

Pour le dessin au crayon je privilégie le porte-mine : léger et toujours bien taillé, mais aussi le criterium qui tient bien en main et propose un trait plus gras qui convient bien aux croquis rapides faits à la volée.

Ne surtout pas oublier les pinces à dessin, pour bloquer les feuilles du carnet quand la bise légère se fait intrusive...


Pour la couleur, ma fidèle palette d'aquarelle m'a accompagné longtemps avec ses 12 demi-godets que je remplissais de temps à autres. En plastique, elle était très légère et discrète, tient sur le coin d'une table comme dans le creux de la main.

Mais l'envie d'évoluer m'a poussé vers une palette à boite métallique, qui avait pour intérêt de pouvoir y ajouter d'autres godets voire de remplacer par renouvellement ceux existant.
A l'usage, cette palette s'est avérée lourde alors que le poids est un sujet quand on se promène toute la journée avec du matériel sur le dos.

Alors je suis passé tout récemment à la palette de voyage "Ma Petite Aquarelle" de Sennelier, initialement livrée avec 12 godets non remplaçables auxquels j'ai vite ajouté 6 de mieux pour introduire d'autres nuances de couleurs ou, pour le bleu et le jaune, des godets pouvant être "salis" lors des mélanges notamment pour faire du vert.

Cette palette est légère et est équipée d'une sangle élastique en sous-face qui permet de la tenir en main. Elle est toutefois légèrement plus épaisse que d'autres modèles.





Dans le même ordre pratique, la palette Van Gogh de 15 demi-godets est particulièrement agréable, d'autant qu'elle contient un deuxième plateau de mélange rangé dans le couvercle et que l'on décroche grâce au manche du pinceau rétractable fourni avec.


Pour tenir le tout confortablement, voici le porte matériel : une tablette format A5 avec une pince à papier. Utilisée à l'envers, elle coince le carnet avec la pince et libère au-dessus l'espace utile pour faire tenir la boite d'aquarelle avec des pinces à papier. Le godet à eau peut être accroché dans un support à clip.




Pour appliquer la couleur, on peut avoir recours à des pinceaux de voyage ou à un pinceau à réservoir en mobilité.


Dans ce réservoir, il n'y a que de l'eau, pas de pigment ; pour changer de couleur, on utilise une petite éponge humide contenue dans sa boîte en plastique. Un mouchoir en papier ferait certes l'affaire, mais l'éponge est plus efficace  pour nettoyer le pinceau. Attention toutefois à ne pas laisser l'éponge enfermée dans sa boîte au soleil, car celle-ci étant hermétique, l'éponge peut moisir à la chaleur !

Mais comme on fait vite le tour des avantages et des inconvénients, le pinceau à réservoir n'est en fait à réserver que pour des touches rapides de couleurs car étant en synthétique, il ne se gorge pas d'eau ou en déverse trop et s'avère inadapté pour des lavis ou des zones trop grandes à mettre en couleur.



Je me suis donc équipé de pinceaux de voyage soit avec des petits manches soit avec un manche repliable qui sert de capuchon quand il est fermé. J'utilise plusieurs tailles, jusqu'au petit gris miniature et l'eau m'accompagne dans un petit flacon sélectionné sur deux critères : l'étanchéité du bouchon et la stabilité du flacon. Il faut éviter les fuites dans le sac ou le flacon qui se renverse sur le carnet.

Tout ceci tient dans une trousse d'écolier, ce qui permet de tout avoir sous la main avec un poids et un encombrement minimes.

Aujourd'hui ma trousse est en tissu, trouvée à Rome dans un charmant petit magasin, avec un matériel prêt à dégainer face à un sujet... qu'il ne reste qu'à trouver !