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mardi 8 novembre 2022

GALERIE VIRTUELLE ROUTE DU RHUM 2022


©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

©Axel Pivet - 2022

VENDUE ©Axel Pivet - 2022


©Axel Pivet - 2022


©Axel Pivet - 2022

 

©Axel Pivet - 2022


mardi 14 avril 2020

Guépards du Golfe

@Axel Pivet
Les Guépards forment une série de voiliers développée par Eugène Riguidel sur la base d’un plan traditionnel pour la région, la plate semi-pontée.
Eugène Riguidel était un skipper connu du grand public dans les années 70 et début 80, notamment pour avoir battu Eric Tabarly sur le fil d’une course transocéanique.

La série est particulièrement active avec une association de propriétaires dynamique, qui assure l’organisation de régates et rencontres régulières.
Tous ces voiliers ont pour particularité d’avoir au moins leur foc (voile d’avant) coloré, ce qui permet de les repérer de loin.
L’autre détail qui les distingue est le gréement houari, dans lequel la grand voile reste gréée en partie haute sur une vergue mais dont l’angle est très apiqué. Cela permettait d’avoir une plan de surface de toile tout en conservant un mât court.

Cette aquarelle a été réalisée à partir d’une photo parue dans un article de Ouest France, néanmoins les couleurs des voiles n’ont pas été respectées pour des questions d’harmonie chromatique.

lundi 6 avril 2020

Beluga sur carte marine

©Axel Pivet - Voilier Béluga
Aquarelle sur carte marine imprimée en 1903
Conçu en 1943 par le célèbre architecte naval Eugène Cornu, le Béluga est l'ancêtre de la plaisance moderne, mais un ancêtre bien portant puisqu'avec plus de 1.000 unités construites, il continue vaillamment à naviguer.
Il représente une porte sur la liberté, ouverte dans l'immédiat après-guerre, grâce à ses qualités étonnantes pour l'époque avec des lignes qui tranchaient sur les voiliers classiques, plus lourds et à fort tirant d'eau.
Le Béluga est le premier voilier habitable dériveur intégral et transportable. L'association des propriétaires anime rencontres et régates et c'est sur son site qu'une photo a attiré mon attention.

Tout démarre d'une carte vierge, de dimensions modérées : 53 cm de haut sur 37 de large, qu'il faut maintenir plaquée sur une planche de travail car elle est conservée enroulée.
La carte date de 1903, elle est issue d'un lot de douze, pour les 12 heures de marée, représentant les courants en Atlantique en fonction de la marée de référence à Brest.
Un premier travail consiste à poncer légèrement la partie imprimée, en raison du vernis associé à l'encre couvrant la partie terrestre de la carte. D'expérience en effet, ce vernis repousse la peinture et à part la gouache rien n'accroche.
Un ponçage léger enlève cette pellicule et autorise ainsi un travail à l'aquarelle.

La base du tableau repose sur un dessin solide, représentant le voilier vu de face, dans une posture dynamique car il arrive au portant, dans une rotation vers le spectateur comme attaquer un surf sur une vague.
Ces voiliers en effet ont une carène planante qui leur permet de jouer à la surface des vagues ; on lofe (remonter dans le lit du vent) pour prendre de la vitesse quand la vague soulève l'étambot (arrière du voilier), puis on abat pour se mettre dans l'axe de la vague quand elle emporte le bateau.
Un vrai jeu qui apporte beaucoup de plaisir.

Quand les premières couleurs arrivent, il faut savoir prendre du recul pour apprécier l'ensemble, surtout avant de poser les lavis de la mer puis du ciel.
Les voiles sont peintes à la gouache blanche, car le fond de la carte est trop grisâtre pour bien les faire ressortir en contraste sur le fond du tableau. L'aquarelle est en effet une peinture qui repose entièrement sur les jeux de lumière et de contrastes entre les couleurs.

Travailler sur une vieille carte apporte des contraintes liées au papier, qui non seulement n'est pas blanc, ce qui influe sur la teinte après séchage du fait de la transparence des pigments, mais n'est pas fait pour réagir à l'eau comme un papier d'aquarelle classique. Les fusions de couleurs et les lavis ne fonctionnent pas comme à l'ordinaire.
Je vais quand même mouiller le papier pour poser le lavis de la mer, sur lequel ensuite je viendrai, par petites touches, créer le mouvement des vagues et les jeux d'ombres.
Le voilier est entouré de vagues déferlantes, car dans un surf le bateau pousse l'eau de toutes parts.

Quand le travail est fini, la carte se fait plus discrète même si son fond interagit avec le ciel pour créer une ambiance couverte du côté ombré. Il faut en effet réfléchir en amont au sens de la couleur pour tenir compte précisément de l'effet que produira la carte en sous face.
Bon vent à ce Béluga !


jeudi 2 avril 2020

Souvenirs du Corsaire

©Axel Pivet - Corsaire en mer
Aquarelle sur carte marine de 1930

Le Corsaire est une série de voiliers conçue en 1953 par Jean-Jacques Herbulot, l’un des pères de la plaisance moderne de l’immédiat après guerre.
Fabriqué en contreplaqué, grande nouveauté pour l’époque, de 5,50 mètres, c’était le voilier habitable accessible à tous grâce à un prix modéré, grace aussi à ses dimensions qui permettaient de le mettre à l’eau facilement, de mouiller au fond d’une baie sans crainte de l’échouage.
Comme la 2 CV à laquelle il est souvent comparé, le Corsaire a été synonyme de liberté retrouvée.

Popularisé par l’école de voile des Glénans dans le Finistère, célèbre pépinière à la fois de joyeux baba cools et de marins bientôt renommés, le Corsaire a conquis son public par d’extraordinaires qualités marines.

©Axel Pivet - Cosmao au chantier
Aquarelle sur cahier - 1993 

Il ne s’agit pourtant pas ici de refaire un article d’histoire de ce voilier, mais de parler d’histoires avec ce voilier.
En 1992, j’ai récupéré sur un quai de Solidor à Saint Malo une épave qui devait partir à la casse, un Corsaire de 1965, dont toutes les oeuvres mortes (traduction : toutes les parties de la coque qui ne sont pas dans l’eau) étant pourries et devant être refaites.
En 1993, après un an de chantier au fond d’un jardin, voilà ce gaillard de presque 30 ans qui retrouve l’eau, refait à neuf (enfin, aussi neuf que mes compétences de charpentier de marine le permettaient, c’est-à-dire pas grand chose). A son bord, j’ai pu vivre des heures intenses de belles navigation, d’angoisses, d’énervement, d’avaries. Je lui ai crié dessus, ce pauvre tas de bois et de toile, mais j’ai crié vers le ciel aussi, de joie cette fois.

Je garde le souvenir de ces heures dans la rade de Brest où je me rendais avec mes cours de droit protégés dans des pochettes en plastique pour réviser mes examens de licence (où je me suis présenté bronzé comme un vacancier, mais que j’ai eus noblement). Ces jours à courir sus les autres voiliers comme dans une régate, ces heures en solitaire où le monde m’appartenait.
Ces heures d’inquiétude quand la brume tombait sur Brest et me surprenait en mer, à ne plus voir l’étrave du bateau et à perdre le sens de l’orientation. Le compas n’y fait rien, on pense aller dans une direction alors qu’on fait route contraire ; il faut piquer au nord chercher la terre, la digue de l’arsenal que l’on suivra jusqu’à en trouver l’ouverture, c’est-à-dire l’entrée du port.

Ces heures de pétole quand pas un souffle d’air ne vient rider la surface de la mer, laissant au soleil de Bretagne le soin de vous coller une migraine malgré un foulard sur la tête. Foulard qui répondait au curieux nom de « zob corsaire » alors qu’un ami avait simplement parlé d’un « bob » mais une oreille un peu bouchée ou l’esprit totalement mal tourné en avait décidé autrement.

Ces heures de tabac quand le vent se déchaine au-delà des capacités du marin, on ne parle pas de tempête bien sur mais d’un coup de vent que chacun étale jusqu’à un certain stade selon ses compétences ou appétences. Mais changer une voile à l’avant d’un corsaire, sans filet de sécurité, quand on est seul à bord, que le bateau est secoué dans tous les sens, trempé par les vagues qui chacune rêvent de vous emporter, c’est bien une tâche dont le souvenir me glace encore, mon ventre se serrant rien que d’y penser. 


La lueur d’un orage au loin en mer, le pastel d’une aurore au large de l’île de Bréhat, le noir de jais de la nuit à l’approche de Saint Malo, sont autant de couleurs qui s’associent à ces heures de navigation à bord de mon Corsaire.
Le chuintement de l’eau à l’étrave, les coups sourds résonnant dans toute la coque dans la danse sur des vagues élevées, le claquement des voiles qui ballotent en absence de vent, autant de bruits fluides ou brutaux qui accompagnent ces couleurs. Spectacle en sons et lumières offert au navigateur.



On rêve en mer, on rêve à terre. J’en ai passé du temps, assis sur un ponton à regarder ce bateau, mon bateau, à l’admirer - sans doute à admirer mon propre travail de restauration -, à lui parler. Pour un marin son bateau est un être vivant à qui l’on parle, que l’on écoute. Comme un amoureux qui se contente d’admirer sa belle, sans avoir besoin de parler, le marin regarde son bateau, symbole de sa liberté en mer.


Comme en amour on se déchire aussi. Quand le bateau ne parvient plus à faire face au vent trop fort pour lui, que chaque virement de bord devient un combat, que des vagues traîtresses viennent le rouler jusqu’à lui coller le mât dans l’eau en cherchant à emporter le marin avec, la fatigue, l’énervement, laissent sortir des mots durs, des insultes. C’est le bateau qui est fautif car à lui on peut parler alors qu’au vent...
Jusqu’au jour où d’avoir trop crié, de s’être trop épuisé à son bord, d’avoir cru disparaître aussi aux pieds de la chapelle de Notre-Dame des Flots où j’irai en pèlerinage de remerciement après, on met le sac à terre, on franchit les écluses une dernière fois jusqu’aux pieds d’une grue de levage près de laquelle le mandat de vente est signé. Ne pas se retourner, prendre son sac et partir, presque honteux, presque en colère. Je ne le reverrai plus jusqu’au jour où, quelques années plus tard, passant sur un chantier naval de Saint Malo, je l’ai reconnu. Impossible de se tromper, j’avais formé son tableau arrière d’une courbe bien particulière ! Mais quelle horreur, il avait dû talonner ou être jeté à la côte pour être aussi abîmé, des planches béantes. Il ressemblait à ces blessés qui arrivent aux urgences d’un hôpital. Pour ne pas pleurer je suis parti à nouveau, sans me retourner. Qu’est-il ensuite advenu du Corsaire n° 302 ? Je préfère ne pas chercher à savoir, continuer à l’imaginer navigant de plus belle, allongeant son sillage un peu plus, chatouillant le lever du soleil, avalant les milles en profitant du spectacle de la Bretagne séculaire.
Il m’en reste le journal de bord que je rédigeais à l’époque, le cahier rempli des photos depuis son chantier jusqu’à sa dernière navigation. Quelques aquarelles maladroites de l’époque et ces rêves encore vivants.
C’est ça la liberté, un sentiment qui survit à tout même au temps.




lundi 2 mars 2020

Aquarelle sur carte marine

©Axel Pivet - Sous voiles - 2020 - Aquarelle sur carte marine

Dans un précédent article, je vous ai raconté la force évocatrice d'une carte marine, a fortiori lorsqu'elle est ancienne.
C'est un support magique, bien que capricieux et complexe à manier, pour y peindre un voilier ancien, lui aussi évocateur de voyages, de sorties en mer, de "belle plaisance".
Voici l'histoire d'un nouveau tableau, réalisé sur deux jours pendant un week-end, après plusieurs semaines de réflexion et de gestation. J'avais bien en tête l'ambiance globale, restait à trouver un modèle de voilier d'une part et une carte qui puisse correspondre d'autre part.



Or j'avais en stock dans un carton à dessin la moitié haute d'une carte au format portrait (le format paysage étant bien plus courant), correspondant à la baie d'Audierne, en Finistère Sud. Vous avez déjà rencontré la partie basse de cette carte, dans un précédent tableau dont la réalisation pas à pas vous a été présentée dans un précédent article du blog.

©Axel Pivet
La carte est de belles dimensions : 63 centimètres de large et 47 de haut. Je l'accroche par des pinces sur un carton à dessin de format Grand Aigle, reposant sur un chevalet de table légèrement incliné pour pouvoir faire l'esquisse, puis presque à plat pour poser les lavis.

©Axel Pivet
Pour une aquarelle de ce type, le dessin est une part essentielle du tableau : le respect des proportions et des perspectives, un rendu réaliste sans pour autant entrer trop dans les détails (à chacun son style à ce sujet !). Peindre sans croquis, ou en laissant un dessin malhabile, diminuerait l'impact final ce qui, sur une carte de cette ancienneté, serait dommage voire relèverait du gâchis.

©Axel Pivet
Passage du lavis du ciel (léger) et de la mer (plus soutenu). 
Sur ce papier, je n'utilise pas de gomme à masquer, qui pourrait marquer le support et laisser des traces contre productives : il faut donc réserver des blancs avec prudence.
Dans le premier jet du lavis, et compte tenu de ma position debout pour peindre, le trait d'horizon est fluctuant ; un second passage en mouillant le premier jus permettra de fondre l'ensemble pour rectifier et redresser l'horizon.
On voit également que le papier d'une carte marine ancienne, qui a subi pendant son usage en passerelle les micro-perforations du compas à pointe sèche, absorbe les pigments vers les trous invisibles à l'oeil nu, ce qui provoque des "taches". Il est inutile de lutter contre et bien au contraire il faut faire avec : soit cela entrera dans l'histoire de la réalisation du tableau en évoquant cette première vie "opérationnelle" à la mer, soit ces taches entreront dans le rendu global, comme ce sera le cas ici.


La couleur et le dessin sont interrompu en partie haute : c'est un choix de rendu délibéré pour laisser le voilier comme évanescent.
C'est aussi par expérience que j'ai fait ce choix : le trait de côte sur ces cartes est foncé pour marquer le relief et on voit bien combien le port d'Audierne, dans l'axe du mât, est encaissé ce qui aurait rendu illisible le haut de la peinture, par concurrence entre l'aquarelle, transparente, et le fond imprimé.

©Axel Pivet

On voit toutefois, sur ce zoom sur le voilier, que les pigments d'aquarelle extra-fines (c'est-à-dire de la qualité supérieure, dite "qualité artiste") de la maison Sennelier sont assez lumineux pour l'emporter sur l'impression de la carte, qui apparait néanmoins par transparence de la couleur.
L'équilibre est ici atteint.
Quelques rehauts de gouache blanche permettent d'ajouter de l'écume ; en principe cela aurait été fait par des réserves dans le blanc, ou par l'usage de gomme à masquer, mais sur le papier d'une vieille carte des réserves de ce type peuvent encrasser le lavis. Des repentirs par absorption ultérieure ne seraient pas non plus la solution, car le papier étant ancien a une patine grisâtre  qui rend les ouvertures ainsi pratiquées insuffisamment lumineuses. On s'en rend bien compte en comparant l'écume à la coque (pour laquelle le "blanc" du papier a été préservé), les deux teintes sont nettement différentes.

©Axel Pivet - Sous voiles - 2020

Et voici le rendu final, quelques goélands sont ajoutés discrètement dans le ciel, la signature est portée assez haut pour rester visible lors de l'encadrement.
Le tableau est maintenant proposé à la vente, sur la galerie du Croque-Maître.




mardi 31 décembre 2019

Dernière œuvre de 2019

@Axel Pivet - 2019
Sur une carte marine imprimée en 1903, représentant les courants des côtes de France en Atlantique à la pleine mer, heure de Brest, voici une chaloupe toutes voiles dehors. 
Pour une fois il s’agit d’un travail à la gouache, tout simplement car le vernis de la carte a des caractéristiques hydrofuges qui ne permettent aux pigments d’aquarelle de tenir. Au contraire, la gouache par ses qualités opaques tient sur un tel support. 
L’œuvre mesure 53 cm de haut sur 37 de large. 

dimanche 29 décembre 2019

Chaloupe en mer d’Iroise

@Axel Pivet - chaloupe en mer d’Iroise
Chaloupe en mer d’Iroise est une aquarelle réalisée en décembre 2019 sur une chute de carte marine originale imprimée dans les années 1930 (la date exacte figure sur une autre partie de la carte, déjà utilisée par ailleurs ce qui ne permet pas d’être précis). 
Sur la carte est visible l’île de Molène, au large du Finistère. 

lundi 5 septembre 2016

Peindre en mer


Un bateau n'est pas le lieu le plus stable qui soit, avec sa tendance à vouloir se mouvoir sur trois axes, le plus souvent d'ailleurs les trois en même temps. Dessiner en mer relève de la haute dextérité, du désastre absolu ou d'une certaine chance quand les conditions de mer sont favorables.


Quand on est simple équipier, il y a toujours quelqu'un d'autre pour veiller à la marche du bateau pendant l'exécution du dessin ; le seul soucis est la rapidité avec laquelle l'angle de vue sur le sujet s'ouvre, les perspectives se modifient, et le dessin final ressemble peu à l'original.



Dessiner en revanche en étant seul à bord présente une autre dimension : il faut porter son attention sur le croquis et sur la marche du bateau, même lorsque celui-ci est simplement mis en panne. Vent et courant se chargent de déplacer le bateau surtout là où il ne faut pas qu'il aille, si possible sur la trajectoire d'un ferry.




Par vent très calme, la mer prend des airs de lac, le bateau ne bouge presque plus et le dessin se fait plaisir. Jusqu'à ce que le bateau soit presque en collision avec une balise ou un autre qui ne regarde pas davantage devant, tout occupé à pêcher.

Peindre en mer, peindre depuis la mer. Les perspectives vues depuis le pont d'un bateau sont si différentes de celles depuis la terre, même depuis une plage.




Il faut aussi raconter les escales, parler du voyage ; le carnet croqué en mer  comprend des pages depuis un ponton, depuis un port, qui évoque le plaisir de la pause à terre.