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mardi 28 septembre 2021

En forêt

 

©Axel Pivet - 2021


A l'abri sous les branches, la pluie tombait drue sur la forêt de Montmorency.
Habillés pour un été indien, il ne restait d'autre issue que de patienter ou d'être trempés.
De quoi prendre le temps, le temps d'observer les contrastes des branches et des feuilles dans cette trouée que la route forestière trace parmi les arbres.
Observer jusqu'à imprimer l'image dans la rétine, jusqu'à laisser les pinceaux retranscrire cette sensation.

mercredi 10 juillet 2019

Consécration de l'autel de l'église Saint Maurice de Bécon


©Axel Pivet - Bénédiction de l'autel
Le dimanche 23 juin 2019 a eu lieu une célébration exceptionnelle, qui n'arrive pas souvent dans la vie d'une église : la consécration de son autel.
Voici le reportage en croquis réalisés sur place depuis la tribune de l'orgue.

Montage réalisé par le diocèse de Nanterre pour annoncer l'évènement
Depuis les grands travaux qui ont suivi le concile Vatican 2, au cours desquels le maitre autel situé contre le mur a été retiré pour être remplacé par un autel plus moderne, en bois, placé au centre du choeur, cette consécration n'avait pas été faite.
Or des travaux de rénovation de l'église dans son ensemble et du choeur en particulier, qui avait bien besoin d'un sérieux rafraichissement après toutes ces années, ont été entrepris à partir de 2017 qui se sont achevés début 2019.
L'occasion de se pencher sur les archives et de constater que l'autel n'avait pas été consacré, d'autant qu'il ne contient aucune relique.
Le fondateur de la paroisse, l'abbé Oudin qui repose au pied du choeur, s'est-il fait enterrer avec la clé du coffre fort dans lequel seraient emprisonnées des reliques ? Nul ne le sait aussi, par l'intermédiaire de l'évêque de Nanterre, une requête a été adressée à la vénérable abbaye Saint Maurice d'Agaune, en Suisse, lieu du martyr de Saint Maurice et de ses compagnons de la légion thébaine, tués pour avoir refusé de sacrifier à des idoles.


Après quelques ajustements de l'autel nécessaires pour qu'il puisse répondre aux critères liturgiques (notamment : une pierre insérée pour y contenir deux caveaux pour les reliques et une plaque de métal recouvrant le dessus de l'autel), une grand messe pouvait être célébrée par l'évêque de Nanterre Monseigneur Mathieu Rougé, selon un rite très codifié.
Perché à la tribune de l'orgue, un magnifique Cavaillé-Coll lui aussi restauré (et qui a fait lui aussi l'objet d'une messe de consécration particulièrement émouvante et pleine de symbolisme en son temps), je m'installe avec chevalet, bloc de feuilles et ma palette pour croquer, tel un reporter à l'ancienne, les grandes phases de cette messe.

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - temps d'accueil

L'ordre est le suivant : la procession entre dans l'église sans saluer l'autel qui n'est pas recouvert d'une nappe blanche ; après un mot d'accueil, l'évêque parcourt l'église et asperge l'église dans son ensemble et l'assemblée par la même occasion ; l'ambon (pupitre de lecture) est béni à son tour ; homélie ; prière de bénédiction de l'autel ; litanie des saints que l'évêque et le curé le Père Lorenc vivent à genoux devant l'autel ; déposition des reliques ; onction de l'autel avec du Saint Chrème que l'évêque, revêtu de manchons et d'un tablier (grémial), va étaler sur toute la surface de l'autel ; encensement, illumination de l'autel (les bougies y sont allumées à partir du cierge pascal).
Puis la liturgie eucharistique peut commencer, sur un autel nouvellement consacré, revêtu à nouveau des ornements de la messe (la nappe blanche et la croix d'autel).
©Axel Pivet - Consécration de l'autel - bénédiction de l'assemblée

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - lectures et homélie
Depuis la tribune, le temps passe sans s'en rendre compte, à croquer frénétiquement, à jeter quelques touches de couleur pour marquer la mémoire.
Tout change à chaque instant, l'évêque n'est pas revêtu des mêmes ornements selon telle ou telle phase (avec ou sans la mitre, avec ou sans la crosse, avec ou sans la chasuble, sans la chasuble mais avec la mitre, etc...). Chaque geste a sa signification propre, chaque symbole a un sens. Rien ici n'est folklore ou exagération plus ou moins intégriste. Non, l'église est la maison de Dieu, l'autel est la table où le profond Mystère du pain transformé en Présence Réelle est renouvelé chaque jour.
Cette messe de consécration est alors un point d'orgue (et sûrement pas le point final) de cette grande phase de travaux initiée par le précédent curé le Père Mevel et achevé par son successeur, démonstration de la continuité de l'Eglise et du dynamisme d'une communauté paroissiale.
©Axel Pivet - Consécration de l'autel - litanie des saints

©Axel Pivet - Bénédiction de l'autel

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - déposition des reliques

Vue d'en haut, cette messe avait une dimension surprenante quand je suis plus habitué à les vivre au coeur de l'assemblée. La vue dominante et large m'a permis de rendre au mieux de mes capacités l'ambiance particulière ; il faut à chaque croquis faire vite.

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - onction au Saint chrème

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - illumination de l'autel

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - liturgie

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - liturgie

Moment fort encore quand je dois rejoindre la procession des offrandes et derrière les porteurs du calice et des hosties, porter jusqu'à mon évêque une aquarelle de Marie que j'ai réalisée spécialement pour l'occasion et qui, sur proposition spéciale de mon curé, est offerte à Mgr Rougé. Il est en effet de tradition, quand l'évêque se rend dans une paroisse pour une célébration "officielle", de lui offrir un présent. Mon aquarelle va finir la messe dans le choeur, avant de partir vers l'évêché situé à Nanterre...

©Axel Pivet - la Vierge Marie, aquarelle 

A droite dans le choeur, mon aquarelle en belle place

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - l'organiste à l'oeuvre

©Axel Pivet - Consécration de l'autel - le choeur
Affiche réalisée par la paroisse, sur la base d'une aquarelle du choeur 
que j'ai réalisée sur place en décembre 2018

mercredi 14 juin 2017

A Auvers sur Oise, sur les pas de Vincent Van Gogh

©Axel Pivet - Auvers sur Oise, parc Van Gogh, statue par Zadkine

Sortie scolaire aujourd'hui avec une classe de CM2, direction Auvers sur Oise dans le nord de Paris. Voici plusieurs semaines que les élèves travaillent sur la vie de Van Gogh, qu'ils en connaissent les moindres détails, ils vont maintenant passer de la théorie à l'environnement concret.

Le trajet en car est rapide. Les élèves, passée la traditionnelle question "vous êtes le papa de qui ?", me voient dessiner avec comme commentaire de nombreux "trop bien". Certains me demandent de croquer leur portrait, qui ne seront pas publiés naturellement, difficiles à réaliser avec les soubresauts du car.

©Axel Pivet - Dans le car, destination Auvers

La visite du village se fait en compagnie d'une conférencière, qui nous fait partir de la statue en bronze du sculpteur Zadkine, lequel a aussi réalisé une oeuvre symbolisant l'affection des deux frères Van Gogh, installée en Hollande dans leur ville natale. Zadkine a cherché à présenter le peintre marqué par ses gros traits de peinture, ici taillés dans le bronze, un chevalet et quelques toiles sur le dos, le carnet de dessin à la main.

©Axel Pivet - Statue de Van Gogh par Zadkine

L'auberge Ravoux où a brièvement vécu le peintre pendant deux mois est sur la place de la mairie, à quelques pas du parc d'accueil. Fermée en ce mardi, la chambre n'est pas visitée par les groupes d'enfants. On en aperçoit la lucarne sur le côté. Classée monument historique, l'Auberge Ravoux est toujours un restaurant de nos jours, conservé dans un jus d'origine jusqu'aux voilages réalisés à l'identique.
La chambre de Van Gogh ne mesure que 5 m2 ; chambre d'un suicidé elle n'a jamais été relouée après juillet 1890 quand il a rendu l'âme en ce lieu.

©Axel Pivet - Auberge Ravoux

Derrière l'auberge Ravoux, une petite rue mène à un escalier aujourd'hui remodelé, que Van Gogh a reproduit. Un groupe de touristes asiatiques prend la pose en reprenant exactement l'emplacement des personnages visibles sur le tableau, mais de face.
De l'escalier on accède à ce qui était autrefois la rue principale du village qui mène à l'église. Partout des panneaux reproduisant des tableaux permettent de voir l'emplacement où Van Gogh a posé son chevalet, afin de partager l'émotion de l'Histoire qui continue de vivre.

©Axel Pivet - Eglise d'Auvers sur Oise

La visite est bien faite, qui fait emprunter un petit chemin vers des champs de blés, pas encore jaunis en cette saison, dans lesquels quelques coquelicots tentent de poindre. Idéal pour présenter le célèbre "champ de blé aux corbeaux" parfois présenté comme sa dernière oeuvre.
De là, il suffit de franchir une courte distance pour parvenir au cimetière où reposent les deux frères Van Gogh. Son cadet Théo est pourtant mort à Utrecht (6 mois seulement après Vincent) mais son épouse a souhaité que son corps soit déplacé pour être à côté de son frère, près de 25 ans après sa mort.
L'idée de planter du lierre pour ne faire qu'une sépulture unique est plus récent.

©Axel Pivet - Cimetière d'Auvers sur Oise, la tombe des frères Van Gogh

Retour vers Courbevoie, les yeux remplis des paysages du Val d'Oise, après avoir mis ses propres pas dans ceux de Van Gogh. Auvers sur Oise était déjà connu bien avant l'arrivée de ce peintre qui n'aura vendu de son vivant qu'une seule toile ; aujourd'hui le village reste vivant autour de la personnalité de Vincent Van Gogh, toujours attractif pour de nombreux artistes.

©Axel Pivet - Retour en car

lundi 11 avril 2016

Visite chez l'impératrice Joséphine



A quelques kilomètres de Paris, Rueil-Malmaison perpétue le souvenir du séjour de Napoléon Bonaparte et de Joséphine de Beauharnais, sa première épouse.

Acquise en 1799 au retour de la campagne d'Egypte, la Malmaison sera la résidence privée du couple où Napoléon goûtera toujours du plaisir d'une promenade, tout en s'organisant pour pouvoir y travailler comme aux Tuileries.

Avant d'arriver au parc de la demeure, on peut profiter du Parc voisin de Bois-Préau qui se déroule autour d'un petit château qui se laisse deviner au travers le feuillage des arbres qui poussent à nouveau en ces premiers jours agréables du printemps.


Endroit idéal pour prendre un repas champêtre et de profiter de la multitude de pâquerettes et autres petites fleurs des champs.

Puis de là on rejoint la Malmaison, son style simple à l'extérieur, chargé à l'intérieur, porteur d'émotion tant de pages importantes de l'histoire de l'Empire s'y sont déroulées.


Napoléon s'était créé là un cadre enchanteur pour travailler, qu'il continuera de fréquenter après son divorce d'avec Joséphine qui en conservera l'usage.
Tout ici rappelle la famille impériale, Madame Mère, la reine Hortense, le Prince Eugène (l'arbre généalogique de Joséphine nous apprenant qu'elle a donné comme descendance un empereur - Napoléon III - mais aussi des lignées de souverains au Danemark, Norvège, Suède, Luxembourg et Belgique !).




Un lien si attachant que Napoléon, quittant l'Elysée où il a signé le second acte d'abdication au terme des Cent Jours, y est venu passer quelques jours avant de partir pour l'Ile d'Aix et l'exil vers Ste Hélène.
De St Hélène d'ailleurs il reste un souvenir émouvant : à quelques pas de la berline qui a conduit Napoléon à Waterloo figure le corbillard aménagé pour son enterrement, simple plateau d'un carriole peinte en noir.

Un jardin délicieux pour profiter des rayons du soleil, goûter la vue sur cette demeure si plaisante où l'on comprend que Napoléon ait pu être si heureux.