vendredi 21 janvier 2022

Temps de brume

©Axel Pivet 2022


La campagne au petit matin d'hiver se réveille drapée d'un voile diaphane qui pousse à relever le col pour se préserver de l'humidité. Où que tourne le regard, ce n'est que lumière grise, masse informe qui supplante le paysage habituel.

Où que portent les yeux, la campagne a disparu. Une gomme a été passée par quelque géant, un lavis de teinte rompue a été passée par un pinceau du ciel, il n'est plus une ligne qui soit nette.

De loin en loin, quelques formes surgissent, masquées par une perspective atmosphérique rapprochée ; cette sensation d'effacement devrait n'avoir lieu qu'au loin mais ce matin on peut la toucher de la main. Un pas en avant devrait suffire à atteindre cet horizon lointain pourtant si proche, mais il n'est rien à faire, il recule quand je m'approche.

Les bruits se jouent du goniomètre interne mais y a-t-il encore du bruit ?

Des fantômes s'agitent, qui deviennent formes floues avant de prendre corps au travers du banc opaque. Le jour petit à petit avale cette couverture et dévoile quelques mystères. Mais dévoiler n'est pas révéler, l'imagination garde sa fertilité devant ce spectacle.

Je passe devant un portail qui parait tombé d'on ne sait où ; seul, ouvert, sans ces murs auxquels il devrait être adossé comme tous ses semblables. Et au-delà ? Les grilles ouvertes invitent à poser le regard mais elles ne s'ouvrent que sur des silhouettes. Les grilles sont ouvertes car finalement, la brume suffit à préserver ce qu'il y a au-delà. Les piliers me toisent, circulez, vous voyez qu'il n'y a rien à voir.

Alors je circule.


©Axel Pivet 2022

 

mercredi 19 janvier 2022

Brèves d'audience

©Axel Pivet 2022

Audience en référés au tribunal judiciaire de Paris.
Croquis sur le vif réalisés au stylo plume Lamy Safari, l'encre étant ensuite diluée au pinceau à réservoir d'eau.
Carnet A5.

mardi 18 janvier 2022

Exposition biennale Palais Salon 2022



Palais Salon 2022 se tiendra au Palais de justice historique de Paris du 24 au 28 janvier 2022.
Biennale des artistes de la famille judiciaire, l'exposition regroupe les oeuvres (peintures, photographies, sculpture, icônes) réalisées par des avocats, greffiers, magistrats ainsi que par les membres de leurs familles.

La majorité des exposants est donc constituée d'artistes non professionnels, plutôt des professionnels artistes.

C'est l'occasion de découvrir des talents parfois cachés ou insoupçonnés chez certains, dans une grande diversité des talents, des styles, des sujets traités.

Il n'y a en effet aucun thème imposé et la justice n'est que peu représentée, ce qui n'a rien de paradoxal : l'art est le plus souvent une passion qui permet d'évacuer les tensions du quotidien judiciaire, l'évasion est donc recherchée bien au-delà des enceintes de justice.

Sous l'enseigne des Aquarelles du Croque-Maître, j'exposerai quatre aquarelles sur cartes marines anciennes, de 1887 à 1923, toutes sur le thème des marines.


©Axel PIVET

©Axel Pivet

©Axel PIVET



©Axel Pivet

 

mercredi 12 janvier 2022

Eloge de ne rien faire, carnet d'audience au tribunal judiciaire de Paris


Salle d’audience des référés du tribunal judiciaire de Paris, véritable grand messe tant la foule d’avocats est compacte. 

En cette période de pandémie, la présence du public n’est pas encouragée, les robes noires sont donc quasi exclusives. 

Il faut faire la queue pour faire inscrire son dossier dans la pile, premier arrivé, premier servi, premier à plaider. 

Or le temps d’arriver et me voici en queue de peloton. Les renvois étant appelés en premier, puis les affaires plaidées, s’ouvre devant moi l’abysse du temps d’attente, temps incertain, variable selon les péripéties d’audience. 

Des dossiers sont à peine plaidés, d’autres provoquent des débats houleux, certains enfin, en matière de construction, appellent en une fois jusqu’à 15 avocats. 

Ceux-là vident la salle d’un coup. 


Difficile de travailler, assis sur un banc à la longue parfaitement inconfortable, difficile de lire car tout est source de déconcentration. 




Alors le mieux est d’accepter comme un luxe de ne rien faire. 

Savoir se laisser gagner par le loisir de ne pas avoir à réfléchir, de ne pas avoir à rédiger, à motiver, à argumenter, à négocier. 

Admettre que l’on peut se retrouver dans une salle d’audience comme on peut l’être dans son salon près d’une cheminée qui ongle doucement, se laissant gagner par une douce torpeur, regardant sans rien regarder, autour de soi, profitant juste de l’instant présent. 

Dans une vie de professionnel libéral, cela peut paraître une hérésie, quand tout devrait être facturé. 

Mais il arrive des temps où si rien d’autre n’est faisable, se débattre ne servirait à rien. 

C’est comme un temps volé, un temps sorti de nulle part puisqu’il ne devrait pas exister. 

Admettre de ne rien faire et admettre de ne pas s’en sentir coupable. Qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’ajoute autour de soi !



 

lundi 3 janvier 2022

Bonne année 2022

 


Si 2021 a été une année complexe, nous avons été ballottés entre inquiétudes et incertitudes. Les informations sont venues nous balayer comme la mer attaque les rochers avec acharnement, sans relâche.

Mais comme les rochers résistent à ces assauts permanents, nous aussi pouvons résister et au milieu de la tempête, nous redresser. Au milieu de la tempête, un phare continue d'éclairer, avec obstination.

Après la tempête le calme vient prendre son tour et offre des occasions de nous épanouir, de repartir de plus belle.

Le marin à la barre réduit la vitesse dans les vagues en prenant des ris dans ses voiles et peut se laisser aller par calme plat en lâchant tout pour filer de plus belle : à nous d'en faire autant ! 

Que 2022 soit pour vous une année lumineuse et en couleurs !