mardi 1 août 2017

Week-end à Rome - part 2


Une journée entière à marcher, déambuler, visiter, dessiner, goûter aux plaisirs de Rome, forcément cela donne aussi envie d'une pause détente en fin d'après-midi. Direction la piscine de l'hôtel, sensée être un lieu au calme que fréquente plutôt une clientèle formée d'équipages des compagnies aériennes en escale à Rome, mais ce jour-là assaillie par une horde de bikers de tous âges, tatoués jusqu'aux sourcils, buvant bière sur bière au son d'une musique à faire fuir. Bienvenue dans la "Pool party" organisée par le club local des Hell's Angels...


La salle de fitness en sous-sol est d'accès réservé aux clients de l'hôtel, loin du bruit et de cette fureur mécanique, donne l'occasion puisque nous n'avons pas fait assez d'exercice (seulement 13 km de marche à cette heure) d'en ajouter une couche.


Cette entrée en matière donne enfin la possibilité d'envisager un dîner à l'italienne et c'est en cherchant à ne pas tomber dans les pièges à touristes que bien entendu nos pas nous ont directement guidés vers un haut-lieu de cette activité, la Place Navone...


Peu importe, une petite table nous attend en bordure de terrasse avec une vue parfaitement dégagée sur la fontaine des Quatre Fleuves du Bernin, qu'anime le bal des promeneurs au son des musiciens de rue faisant le tour de la place, s'arrêtant devant chaque terrasse pour jouer leur répertoire.
Des lueurs montent puis redescendent, le dernier jouet à la mode des vendeurs à la sauvette, sorte de personnage illuminé par une diode projeté en altitude par un élastique, redescendant comme un hélicoptère.


Goûter des pastas (en quantité somme toute plus que limitée, loin de la plâtrée à laquelle on aurait pu s'attendre) et ainsi garder un peu de place pour découvrir le Tartuffo. Tre Scalini se fait une gloire de ce dessert glacé, avant de constater que l'établissement voisin s'honore d'être LA maison du Tartuffo. Manifestement il en va du Tartuffo comme de la galette en Bretagne.

Et pour rester en forme, encore un peu de marche à pied digestive qui mène vers le Tibre, et de là vers le Château Saint Ange et tant qu'à être là autant aller voir le Vatican de nuit, remonter la Via della Concilazione étonnamment vide et profiter de la Place Saint Pierre dégagée de ses visiteurs.
Souvenirs émus de notre voyage ici même il y a 3 ans organisé pour aller rencontrer le Saint Père.


Dimanche se lève au bord de la piscine redevenue calme mais avec d'autres vacanciers arrivés dans la nuit ; rapidement le bassin prend des allures de périphérique aux heures de pointe. Quitte à fréquenter de la foule, inutile que ce soit en maillot de bain, direction le centre ville pour goûter encore une fois de son ambiance, du contraste de la chaleur ambiante avec la fraicheur d'une placette ombragée ou qui se dégage d'une fontaine.


Une pensée pour cette ville qui de toute son histoire n'a jamais manqué d'eau grâce aux fleuves, rivières et lac souterrains, et qui en cet été 2017 envisage de procéder à des coupures d'eau.


Mais il est temps maintenant de songer au retour, prendre le Leonardo Express à Termini pour rejoindre Fiumicino. Cette fois le train est rempli, notamment de voyageurs qui se pensent seuls au monde et parlent et rient à gorge déployée sans le moindre souci de la gêne qu'ils peuvent occasionner aux autres... Croisons les doigts qu'ils ne se rendent à Paris.


L'expression nez à nez prend tout son sens pendant le temps d'attente pour l'embarquement : l'avion est là, devant la baie vitrée du terminal et une place m'attend presque dans l'axe pour en faire le portrait. Souriez !


Concert de dérives aux flammes de compagnies aériennes européennes, toutes ici membres de la même alliance Sky Team. On est en famille...



La vue par le hublot fait partie intégrante du voyage qu'elle vient prolonger. La côte italienne se dessine sous les ailes dès le décollage, les îles se dévoilent les unes après les autres avant que l'avion ne se fasse happer par les nuages. Puis la plaine du Pô se laisse voir et enfin opère la magie des Alpes suisses (nous sommes assis sur tribord, l'autre rang à gauche profite du Mont Blanc). La couleur marron est teintée de violet depuis cette altitude, que troue une tâche du blanc des neiges éternelles (mais sont-elles si éternelles que ça ?...).


Puis c'est la remontée dans le nord, la frontière avec la France est passée à la verticale du Lac Léman. Les nuages désormais seront le seul paysage à apercevoir, les turbulences entrent dans la danse.
Il faisait 31° au moment du décollage à Rome, le pilote nous en annonce 21 à Paris. La pluie fouette le hublot, comme pour aider à ne pas regretter que le week-end soit déjà fini. Lundi sera un jour comme un autre, assis à son bureau à traiter les dossiers qui restent avant les vacances. Un jour comme un autre mais plus riche de belles images engrangées au long de ces rues chantantes et un carnet gonflé de souvenirs croqués à la volée au bonheur du pinceau. 




lundi 31 juillet 2017

Week-end à Rome - part 1


Le jeudi soir se prendre d'envie d'ailleurs, flâner sur les sites internet des voyagistes, se laisser aller à rêver à du soleil et de la chaleur quand à Paris un vent du nord transforme l'été en début d'automne.
Se regarder soudain en se disant... qu'il fallait maintenant filer préparer une valise, pour être à même de rejoindre l'aéroport demain en sortant du travail.


Se retrouver tout étonnés quand au bout des transports en commun il n'y a pas la maison mais le Terminal 2F de Charles de Gaulle, non pas Etoile mais Roissy, être ensemble au milieu de vacanciers qui partent ou sont sur le chemin du retour, quand nous ne sommes pas encore en vacances.


Monter à bord d'un Airbus d'AirFrance, non pas pour se rendre quelque part chez un client ou sur le lieu d'une signature sur une opération de fusion-acquisition, mais pour profiter l'espace d'un week-end de n'être qu'à deux, sans enfants.


Profiter des soins de l'équipage, bouquiner un guide touristique en se demandant quel programme de visite va-t-on choisir pour le lendemain... Dans la nuit tombée imaginer ces territoires qui défilent sous les ailes.


Prendre le dernier train qui part en centre-ville, vide et presque froid. L'histoire oubliera que nous ne sommes pas descendus à la bonne station et qu'il a fallu marcher sur des routes dépourvues de trottoir quand l'hôtel est de l'autre côté du fleuve mais que le premier pont est à bonne distance, jusqu'à ce qu'un taxi qui rentrait chez lui en fin de service accepte de s'arrêter et avec une étonnante gentillesse nous dépose enfin à destination. Il est presque 1 heure du matin quand la lumière de la chambre pourra s'éteindre.


Au réveil, le petit bonheur des arrivées nocturnes est justement d'ouvrir le rideau et de découvrir de l'intérieur l'environnement que la nuit masquait il y a quelques petites heures. Sourire d'être là, ne pas croire ses propres yeux.


A l'ombre d'un parasol, au-dessus de la piscine qui fait remonter sa fraicheur, goûter un cappuccino et une viennoiserie romain (ce qui n'est vraiment pas leur spécialité !). Déjà la palette d'aquarelle se réjouit des couleurs et de la lumière qu'elle pourra traduire.



Etre à Rome ! On s'émerveille devant les monuments antiques, bien restaurés depuis ma dernière visite de cette partie de la ville il y a... 19 ans. Il faut laisser l'Histoire dire ce qu'elle a à partager au milieu de ces pierres, laisser monter en soi les cris des combats dans l'arène du Colisée mais aussi la vie de la Cité dans les allées du forum.


Certaines expressions sont tellement usées d'être usitées que plus personne ne prend garde à leur origine ; mais sur le forum juste derrière les célèbres colonnes qui restent du temple de Castor et Pollux, il y a le temple de Vesta, la maison des vestales et l'emplacement où en permanence elles entretenaient... le feu sacré. Tout à coup ce qui n'était qu'expression devient réalité historique palpable.


Du forum on peut déambuler dans les rues vers le centre de la ville plus récente et baroque. On entre dans une supérette prendre de l'eau et c'est la confrontation avec les prix à la romaine : le caissier n'a pas compris quand je lui ai demandé s'il avait bien passé tous nos articles mais le prix était si bas qu'avec ça à Paris nous n'aurions payé qu'une seule bouteille !
La chaleur en plein midi devient intense, dessiner sous le soleil malgré un bon chapeau vire à l'épreuve ; les églises sont des havres de paix où l'on peut trouver de la fraicheur et la douceur d'une pause spirituelle. Prier dans le Panthéon désormais équipé de bancs pour la zone de recueillement n'est pas évident, les bancs étant plus occupés par des touristes heureux de s'asseoir tout en continuant à discuter à voix plus ou moins hautes malgré les panneaux demandant le silence s'agissant d'une église.
Sans doute est-ce difficile à croire pour certains car les églises rondes sont plutôt rares !


Rome éternelle qui offre toujours autant de plaisir. Je m'amuse de voir que j'arrive à retrouver mon chemin dans des quartiers que j'ai visité 19 ans plus tôt, preuve de l'impact de cette ville sur les souvenirs...


(à suivre !)

mercredi 14 juin 2017

A Auvers sur Oise, sur les pas de Vincent Van Gogh

©Axel Pivet - Auvers sur Oise, parc Van Gogh, statue par Zadkine

Sortie scolaire aujourd'hui avec une classe de CM2, direction Auvers sur Oise dans le nord de Paris. Voici plusieurs semaines que les élèves travaillent sur la vie de Van Gogh, qu'ils en connaissent les moindres détails, ils vont maintenant passer de la théorie à l'environnement concret.

Le trajet en car est rapide. Les élèves, passée la traditionnelle question "vous êtes le papa de qui ?", me voient dessiner avec comme commentaire de nombreux "trop bien". Certains me demandent de croquer leur portrait, qui ne seront pas publiés naturellement, difficiles à réaliser avec les soubresauts du car.

©Axel Pivet - Dans le car, destination Auvers

La visite du village se fait en compagnie d'une conférencière, qui nous fait partir de la statue en bronze du sculpteur Zadkine, lequel a aussi réalisé une oeuvre symbolisant l'affection des deux frères Van Gogh, installée en Hollande dans leur ville natale. Zadkine a cherché à présenter le peintre marqué par ses gros traits de peinture, ici taillés dans le bronze, un chevalet et quelques toiles sur le dos, le carnet de dessin à la main.

©Axel Pivet - Statue de Van Gogh par Zadkine

L'auberge Ravoux où a brièvement vécu le peintre pendant deux mois est sur la place de la mairie, à quelques pas du parc d'accueil. Fermée en ce mardi, la chambre n'est pas visitée par les groupes d'enfants. On en aperçoit la lucarne sur le côté. Classée monument historique, l'Auberge Ravoux est toujours un restaurant de nos jours, conservé dans un jus d'origine jusqu'aux voilages réalisés à l'identique.
La chambre de Van Gogh ne mesure que 5 m2 ; chambre d'un suicidé elle n'a jamais été relouée après juillet 1890 quand il a rendu l'âme en ce lieu.

©Axel Pivet - Auberge Ravoux

Derrière l'auberge Ravoux, une petite rue mène à un escalier aujourd'hui remodelé, que Van Gogh a reproduit. Un groupe de touristes asiatiques prend la pose en reprenant exactement l'emplacement des personnages visibles sur le tableau, mais de face.
De l'escalier on accède à ce qui était autrefois la rue principale du village qui mène à l'église. Partout des panneaux reproduisant des tableaux permettent de voir l'emplacement où Van Gogh a posé son chevalet, afin de partager l'émotion de l'Histoire qui continue de vivre.

©Axel Pivet - Eglise d'Auvers sur Oise

La visite est bien faite, qui fait emprunter un petit chemin vers des champs de blés, pas encore jaunis en cette saison, dans lesquels quelques coquelicots tentent de poindre. Idéal pour présenter le célèbre "champ de blé aux corbeaux" parfois présenté comme sa dernière oeuvre.
De là, il suffit de franchir une courte distance pour parvenir au cimetière où reposent les deux frères Van Gogh. Son cadet Théo est pourtant mort à Utrecht (6 mois seulement après Vincent) mais son épouse a souhaité que son corps soit déplacé pour être à côté de son frère, près de 25 ans après sa mort.
L'idée de planter du lierre pour ne faire qu'une sépulture unique est plus récent.

©Axel Pivet - Cimetière d'Auvers sur Oise, la tombe des frères Van Gogh

Retour vers Courbevoie, les yeux remplis des paysages du Val d'Oise, après avoir mis ses propres pas dans ceux de Van Gogh. Auvers sur Oise était déjà connu bien avant l'arrivée de ce peintre qui n'aura vendu de son vivant qu'une seule toile ; aujourd'hui le village reste vivant autour de la personnalité de Vincent Van Gogh, toujours attractif pour de nombreux artistes.

©Axel Pivet - Retour en car

vendredi 9 juin 2017

De retour chez Claude Monet


Il y a deux ans c'était sous la floraison de Pâques que nous étions allés visiter le jardin et la maison de Claude Monet, dans un jardin encore dépouillé aux arbres parfois nus (à voir ici : http://axelpivet.blogspot.fr/2015/04/visite-giverny-chez-claude-monet.html ).
Cette année, c'est en ce jour de Pentecôte que nous retournons chez Claude Monet, sous un soleil généreux que quelques nuages viennent adoucir.
Spectacle radicalement différent, le jardin croule sous une profusion de fleurs de toutes sortes, explosion de couleurs et de parfums, l'oeil ne sait où se poser en particulier tant il y en a à voir.

Il faut bien de la patience pour entrer car en ce week-end prolongé, la foule est dense qui cherche à voir ce bijou floral. Mais c'est une file d'attente ombragée qui passe sans s'en rendre compte.

Quand on sort du jardin pour emprunter le passage souterrain, on ressort dans un nouvel univers, en parcourant un cheminement au milieu des bambous qui permet d'arriver dans un écrin de verdure autour de l'étang des Nymphéas. 
Il faut bien admettre que l'effet de foule se fait plus pesant, le cheminement se transforme en procession lente pour attendre, à pas comptés, le moment d'atteindre enfin le bord de l'étang et attendre encore pour avoir une place en première ligne. Le croquis se doit d'être rapide car la presse se fait sentir de ceux qui attendent en arrière.


C'est l'occasion de changer de point de vue, de profiter d'une autre lumière. Harmonie des verts qui se déclinent sur toutes les variations de la palette, reflets paisibles jusqu'à ce que deux touristes hystériques et mal élevées décident de jouer aux nymphes disgracieuses en descendant dans l'eau de l'étang ! Hélas les récriminations des visiteurs tout autour n'ont eu aucun effet sur ces deux écervelées. Le pire est qu'elles ont dû se croire irrésistibles...


Passé le moment de cette rencontre douloureuse avec la bêtise, il y a dans le jardin, le long de la clôture qui sépare de la route, un espace reculé avec un banc de pierre, en retrait de l'année. Autant les rares bancs sont pris d'assaut, autant celui-ci est souvent vide ; est-ce la pierre dont il est fait qui rebute le visiteur, ou est-il à ce point dissimulé en arrière de là où se porte le regard ?
Emplacement idéal pour se poser et profiter de la vue vers la maison au travers de la multitude de plans fleuris. La Fondation Claude Monet en entretenant le jardin assure un travail vraiment merveilleux, dans la droite file de l'oeuvre du Maître qui aimait follement son jardin dont il était si fier, et à juste raison.


Rien de tel ensuite que d'aller faire un tour dans le village de Giverny. On y croise diverses galeries de peintres plus ou moins inspirés qui rappellent que Giverny, bien avant que Monet n'y achète sa maison, attirait déjà des peintres venus de partout.
La vue depuis l'ancien hôtel Baudy est magnifique vers la vallée, dans un petit jardin au charme préservé autour d'un vieil atelier dans son jus d'époque.
Profiter enfin d'un veste terrain dédié selon le panneau "aux loisirs des habitants de Giverny", espace d'herbe où s'allonger au soleil de la fin de journée pour s'y reposer un instant, au coeur du village aux maisons souvent typiques.


Quel plaisir de revenir à Giverny. Contrairement à un musée qui présente toujours les mêmes collections, le jardin de Claude Monet offre des facettes toujours nouvelles en fonction de la saison comme de la lumière entre le matin et le soir. Quel plaisir de pouvoir y peindre, car après tout ce jardin a été créé pour le plaisir des yeux et pour pouvoir être peint...

Plus d'informations pour visiter Giverny sur le site de la Fondation Claude Monet : http://fondation-monet.com

lundi 2 janvier 2017

Au musée de la Marine de Paris


Enfant j'habitais à proximité immédiate du Palais de Chaillot et je fréquentais le Musée de la Marine comme d'autres faisaient du shopping, très régulièrement.
La mer depuis tous temps est une passion et les bateaux m'ont toujours fasciné, y compris en tableaux et maquettes.
Les allées du Musée de la Marine étaient pour moi, Breton exilé à Paris, un lieu de rêve et de voyage, d'évasion sur des modèles réduits mais amplement suffisants pour assouvir la passion.
De grandes rénovations ont modifié l'aspect du musée, la reproduction de la passerelle d'un bateau a disparu mais le souffle de la mer, le vent de l'Histoire et la chaleur du patrimoine maritime de nos côtes sont toujours aussi vifs et vivants.


Célébrant le centenaire de la création de l'aéronautique navale, une salle consacrée à l'aviation de marine, autre passion d'enfance que mes yeux ne m'ont pas permis d'assouvir, mérite de s'y arrêter.

Elle jouxte la galerie des maquettes de la Marine de l'ère moderne, dont celle familière du Georges Leygues, frégate qui m'est contemporaine et en quelque sorte ma demie-soeur, mon père en ayant été l'ingénieur chargé de sa conception et construction.

Il reste peu de temps pour se rendre au Musée avant sa fermeture pour une longue période de rénovation, une "IPER" comme on dit dans la Marine (Indisponibilité Prolongée pour Entretiens et Réparations) qui va se poursuivre jusqu'en ... 2021 !