jeudi 28 avril 2016

Le Carnet vénitien - partie 2


20.04.2016
Nous allons découvrir Venise par ce petit canal de quartier dans l’Est de la ville, au bout de Castello face au Giardini Biennale. Une ruelle calme et presque vide, à l’ombre d’une église dominant une petite place. Un petit bistrot dont les tables occupent le trottoir pour y prendre un petit déjeuner avec des croissants fourrés de marmelade, comme un sas avant de découvrir la Venise touristique.
Et marcher encore le long de ce rio pour parvenir enfin jusqu’à la rive et découvrir, partagés d’émotion et d’émerveillement, une vue à couper le souffle. Le campanile de Saint Marc faisant face à celui de San Giorgio Maggiore, le Bacino San Marco et dans le prolongement le Grand Canal. Déjà une circulation maritime intense, déjà des flots de touristes qui convergent vers Saint Marc.
Bien sûr c’est en cette direction que nous mènent nos pas mais à vrai dire, où iraient-ils sans rien connaitre encore ? Curieusement, passé l’engorgement du Ponte Della Paglia, d’où l’on peut voir le Pont des Soupirs, la Place St Marc (la Piazzetta San Marco dans sa partie étroite, la Piazza San Marco dans la plus longue) parait peu fréquentée en ce jour de semaine, les pigeons sont eux aussi peu nombreux mais déjà des orchestres aux terrasses des cafés pour faire payer un peu plus le chaland. Loin de l’image toute faite de cette place bondée et survolée de pigeons.

De là, le bonheur est de prendre une petite rue, sans chercher une destination précise pour mieux se perdre, au plaisir des canaux et des ponts, des campi et retomber sans savoir comment sur le Grand Canal à deux pas du Rialto que de grands travaux dissimulent à la vue.
Déjeuner au bord du Canal pour profiter de pasta al dente tout en jouissant d’une vue magnifique au ras de l’eau, à observer la circulation.


La promenade digestive se fera à bord du vaporetto qui remonte le Grand Canal vers la Piazzale Roma. C’est alors comme un défilé qui s’offre à la vue, chaque palais se passant de commentaire par son élégance, son élévation, au garde à vous les pieds dans l’eau.
Les bouchons de Paris sont ici remplacés par une joyeuse pagaille de motoscafi, de vaporetti et de plates qui se croisent, se klaxonnent, quelques gondoles qui cherchent à se frayer un passage dans toute cette noria.
Un parc ombragé nous permet de profiter d’un peu de fraicheur et de s’abriter d’un soleil qui ici chauffe déjà bien. Douceur de vivre à l’italienne dans un cadre éblouissant.


Le vaporetto suivant nous emmène poursuivre le tour de Venise par l’Ouest, en longeant le terminal ferry puis en glissant le long de la Giudecca. La rive est bien moins fréquentée sur cette face qui mène à la pointe de la Douane, puis à Santa Maria de la Salute. L’église est imposante par sa masse alors qu’à l’intérieur, pour ainsi dire vide sous son dôme, elle s’élève vertigineusement.

De ce côté aussi on se perd volontiers dans les ruelles pour progresser vers le Ponte Del Accademia, tout en bois. De nouveau le vaporetto pour rentrer dans notre quartier, chercher un peu de calme dans une zone sans touristes, discuter avec un vendeur de primeurs, profiter du jardin de la Biennale et de sa vue cette fois en contre-jour.



Difficile de décrire l’impression que provoque cette ville. La vue vers le Grand Canal, pour qui la découvre pour la première fois, est exaltante tant par sa beauté unique que par la joie d’y être. Une ville si célèbre dans le monde entier et si symbolique, de par sa place dans l’Histoire comme par le romantisme qui s’y attache. Pénétrer dans certaines villes donne le sentiment d’appartenir à une élite ; entrer dans Venise donne l’impression de s’inscrire à son tour dans une grande lignée de voyageurs, d’écrivains et de peintres. 


« Et nous entrerons dans la ville avec cet air tranquille des grands rois… »


mercredi 27 avril 2016

Le Carnet vénitien - partie 1




19.04.2016
Prêts à décoller, enfin après avoir attendu plusieurs mois ce voyage. Le ciel de Roissy rosit doucement pendant que l’avion se prépare pour son vol.



1 heure 30 de vol pour arriver jusqu’à la Sérénissime. La plupart des voyageurs y arrivent de jour et découvrent la magie de la ville qui se dévoile progressivement, mais nous y arriverons de nuit et n’en verrons rien en nous posant à Marco Polo, et probablement pas grand chose à la traversant. Mais au réveil nous serons en son coeur comme si par magie nous y avions transplanté.



La sortie de l’aéroport ne se fait pas sans problème car si la sortie est bien indiquée d’un côté, le port pour les bateaux taxi n’est pas fléché et aucune sortie n’est mentionnée.
Mais au bout de la passerelle qui traverse le parking, le port des motoscafi, les bateaux taxi privés, nous attend avec ses pontons sautant au rythme des vagues.
Un motoscafo où Alberto, notre logeur, nous attend à bord d’un Riva magnifique, tout en acajou, qui file et s’élance sur la lagune plongée dans le noir, sans que nous ne puissions encore comprendre où nous sommes.

Une petite demie-heure de trajet pour entrer subitement au ralenti dans un petit canal, un rio, bordé de maisons toutes colorées, fermé par un pont sous lequel le bateau semblerait ne pas pouvoir passer. Nous voici arrivés, dans la joie d’y être enfin.


lundi 11 avril 2016

Visite chez l'impératrice Joséphine



A quelques kilomètres de Paris, Rueil-Malmaison perpétue le souvenir du séjour de Napoléon Bonaparte et de Joséphine de Beauharnais, sa première épouse.

Acquise en 1799 au retour de la campagne d'Egypte, la Malmaison sera la résidence privée du couple où Napoléon goûtera toujours du plaisir d'une promenade, tout en s'organisant pour pouvoir y travailler comme aux Tuileries.

Avant d'arriver au parc de la demeure, on peut profiter du Parc voisin de Bois-Préau qui se déroule autour d'un petit château qui se laisse deviner au travers le feuillage des arbres qui poussent à nouveau en ces premiers jours agréables du printemps.


Endroit idéal pour prendre un repas champêtre et de profiter de la multitude de pâquerettes et autres petites fleurs des champs.

Puis de là on rejoint la Malmaison, son style simple à l'extérieur, chargé à l'intérieur, porteur d'émotion tant de pages importantes de l'histoire de l'Empire s'y sont déroulées.


Napoléon s'était créé là un cadre enchanteur pour travailler, qu'il continuera de fréquenter après son divorce d'avec Joséphine qui en conservera l'usage.
Tout ici rappelle la famille impériale, Madame Mère, la reine Hortense, le Prince Eugène (l'arbre généalogique de Joséphine nous apprenant qu'elle a donné comme descendance un empereur - Napoléon III - mais aussi des lignées de souverains au Danemark, Norvège, Suède, Luxembourg et Belgique !).




Un lien si attachant que Napoléon, quittant l'Elysée où il a signé le second acte d'abdication au terme des Cent Jours, y est venu passer quelques jours avant de partir pour l'Ile d'Aix et l'exil vers Ste Hélène.
De St Hélène d'ailleurs il reste un souvenir émouvant : à quelques pas de la berline qui a conduit Napoléon à Waterloo figure le corbillard aménagé pour son enterrement, simple plateau d'un carriole peinte en noir.

Un jardin délicieux pour profiter des rayons du soleil, goûter la vue sur cette demeure si plaisante où l'on comprend que Napoléon ait pu être si heureux.




lundi 7 mars 2016

Week-end à Vienne - jour 3


Ce matin, la pluie qui tombe dru sur Vienne incite volontiers à rester au chaud ou au contraire à s’élancer vers les musées. C’est lundi et la clientèle de l’hôtel semble avoir changé, les touristes du week-end on laissé place à une population active et affairée.
Dans nos tenues de visiteurs nous dépareillons de toute évidence…



A trois stations de métro de l’hôtel, le quartier des musées, MuseumQuartier est articulé autour des anciennes écuries impériales en proposant une large palette de sujets, de l’art moderne jusqu’aux Beaux-Arts et l’Histoire naturelle.

Le Leopold Muséum abrite la plus grande collection des oeuvres de deux peintres phares de l’art moderne du début du XXème siècle en Autriche, Scheile et Klimt. Je ressors de cette confrontation avec la conviction que mes goûts artistiques sont bien éloignés… Mais que dire de la magnifique vue panoramique qu’offre le 4ème étage du musée, donnant sur les deux bâtiments jumeaux aujourd’hui musée qui ferment l’enceinte de la Hofburg dont les toits sont visibles en arrière plan. Petite halte de rêverie.


A la pointe sud de la Hofburg, à proximité de salles d’apparat magnifiques que porte l’Histoire, le musée de l’Albertina propose actuellement une magnifique exposition sur une collection qui s’étend de Monet jusqu’à Picasso.




En sortant de ces musées, il nous reste quelques temps avant de regagner l'aéroport, moments de flânerie parfois interrompus par la pluie. Dernier coup d'oeil sur la Hofburg et ses statues majestueuses qui en encadrent l'entrée, pensées pour tous les évènements d'Histoire qui s'y sont déroulés.


Et l'heure arrive de reprendre l'avion, en passant par cet aéroport où les salles de départ sont celles d'arrivée, ce qui permet de parcourir une galerie marchande dans un sens comme dans l'autre pour ceux qui veulent un souvenir de dernière minute.


Le crépuscule nous enveloppe avant de partir vers l'ouest, en regagnant des heures de jour.



Vienne, trois jours de découverte pour se faire une première impression, avec l'envie d'y revenir pour en apprécier encore l'ambiance et l'art de vivre.




vendredi 4 mars 2016

Week-end à Vienne - jour 2



Se réveiller à Vienne ! A n'en pas croire ses yeux...
La vaste salle à manger de l'hôtel nous accueille pour le Frühstück, un solide petit déjeuner où le buffet propose comme toujours tant de choses que le choix en devient impossible.
Testons pour commencer quelques poissons fumés dont les Autrichiens sont friands, accompagnés de légumes frais et encore de ce fromage blanc mêlé d'herbes, puis bien sûr un détour par les viennoiseries. Le premier abord, manquant encore de connaissance, ne s'avère pas le meilleur choix : ce qui me semblait un pain au chocolat est mêlé de cannelle trop marquée et la brioche parait insipide. En revanche le Kouglof est délicieux !



Une journée pour marcher, en profitant d'un temps gris mais sec, en commençant par un tour au Prater, ce grand parc autrefois réserve de chasse ouvert au public par l'empereur Joseph II. La grande roue à l'entrée reste un monument historique datant de 1897, qui a pu résister aux bombardements de la fin de la seconde guerre mondiale, même si les wagons ont tous été changés. Ceci explique son côté massif, témoin des capacités ingenériales de l'époque.


Retour vers la Hofburg, palais des Habsbourg, en commençant par le Rathaus, l'hôtel de ville qui pendant l'hiver accueille une vaste patinoire à ses pieds, composée d'un grand espace et d'un circuit au travers le Rathausgarten.
De là, longer le bâtiment d'inspiration gréco-antique du Parlement pour entrer dans le Volksgarten et rejoindre le palais de la Hofburg. Son fronton majestueux abrite la bibliothèque nationale et ses trésors.


Petite pause pour déjeuner en cherchant cette fois à prendre quelque chose de léger, ce qui change.


Visite des appartements impériaux pour l'après-midi, complexe de trois musées qui débute par la collection d'argenterie et de vaisselle des souverains. Dans une pièce, l'ensemble exposé de plats, centres de table, couverts, assiettes, représente une tonne de métal précieux !
Autant de souvenirs venus de l'Histoire, ici un service de Sèvres offert par Louis XV à Marie-Thérèse, là un service ayant appartenu à Marie-Antoinette, là-bas un service de Napoléon Ier dont les armes ont été biffées pour y remplacer celle des Habsbourg...
Monter deux étages pour entrer dans les appartements impériaux, dont la visite débute par le musée Sissi qui réuni divers objets ayant appartenu à l'impératrice depuis quelques dents de lait jusqu'à sa dernière tenue, ses robes dont celle qu'elle portait pour le couronnement de Hongrie ou celle dite du bal d'adieu, donné avant son départ de Bavière pour se rendre en Autriche pour son mariage.


De là, les appartements impériaux sont une suite de pièces dont les dimensions oscillent entre le superbe et l'intime à la plus grande surprise du visiteur. Ainsi François Joseph vivait-il dans une chambre de petite taille et travaillait juste à côté dans un cabinet encombré de portraits de sa femme, dont un posé devant son bureau. Ainsi où que l'empereur levait les yeux il voyait sa femme dans l'image de se prime jeunesse.
Sissi quant à elle occupait des pièces plus vastes, avec une chambre qui est aussi salle de dessin, une salle de culture physique qui était aussi son dressing, une vraie salle de bain avec baignoire à robinet, un grand salon pour y prendre des repas avec l'empereur ou un plus petit salon, une salle à manger qui parait sans fin...


Enfin, poursuivre la promenade en poussant vers l'église des Augustins, où fut célébré le mariage de Franz et Sissi, vers l'Opéra national hélas fermé en ce dimanche.
Et rentrer pour se reposer et méditer sur les splendeurs vues pendant toute cette journée...



Finir la journée en testant d'autres spécialités culinaires viennoises notamment l'escalope panée (Schnitzel) et en dessert la Sacher Torte, gâteau au chocolat créé par la Maison Sacher près du StadtOper (l'Opéra) mais où il est plus difficile encore d'entrer qu'au Café Central. La maison Leupold, bien que plus récente, en propose un bien sympathique !



jeudi 3 mars 2016

Week-end à Vienne - jour 1


Se lever à 5 h 00, partir dans l'aube parisienne vers les lueurs toujours magiques d'un aéroport au petit jour, juste le temps d'avaler un café pour se présenter à l'embarquement.
Hier encore au bureau, ce matin à Roissy et dans deux heures en Autriche : une autre forme de magie...


L'avion est là qui nous attend sur le tarmac éloigné du terminal, rempli avec des sièges si serrés que mes genoux me chatouilleraient presque le menton ; petit en-cas en vol car en voyage on se nourrit quand on nous le propose, pas quand on en a envie.




A l'arrivée à Vienne, relier le centre ville en profitant de la navette ferroviaire qui traverse en flèche une banlieue industrielle à faire peur avant de glisser en souterrain. Une connexion avec le métro et nous voici au pied de l'Hotel de France, noble établissement datant de 1873 (cent ans avant ma naissance !). Ce n'est pas une chambre, c'est une suite ! C'est toujours une joie enfantine quand on voyage de découvrir son logis.



Déjeuner pour se confronter tout de suite à la culture culinaire autrichienne : des plats dont il n'est pas possible de retenir le nom sauf à le noter au carnet de croquis mais qui nous changent tout de suite. Sans oublier l'Apfelstrudel en dessert...


Arpenter les rues de Vienne le nez en l'air, au gré des découvertes des rues, franchir un porche pour remonter un passage qui en rappelle d'autres à Paris, s'émerveiller d'une chapelle au détour d'une rue incluse dans l'angle d'un immeuble, ouverte sur la rue mais qu'une vitre protège quand même.
S'éblouir devant l'architecture laissée par les souverains successifs, Marie-Thérèse, Joseph II, François-Joseph.


Se laisser happer par la perspective qui semble sans fin de la StephanDom, qu'en français nous traduisons par St Etienne (ce qui aide à comprendre pourquoi les habitants de cette ville s'appellent les Stéphanois).


Puis avoir le courage de faire la queue dans le froid de l'hiver pour avoir le plaisir gourmand d'entrer au Café Central, accueilli par le poète Peter Altenberg qui à force de fréquenter l'établissement en avait fait son adresse postale officielle, et qui maintenant trône en version mannequin à la table de l'entrée, mais aussi par Frantz et Sissi dont les portraits en pied trônent dans leur majestueuse jeunesse au fond de la salle, au-delà de tous ces pylônes et voutes magnifiques.



Se laisser emporter par le charme de l'Innere Stadt en pensant à tous ces grands personnages illustres de l'Histoire qui y ont vécu : Beethoven, Mozart, Freud, Strauss et tant d'autres !
C'est une ville historique qui se laisse visiter volontiers, d'un peu de marche à pied sans avoir besoin de reprendre les transports pour se rendre d'un site à un autre. Un ville d'Histoire comme je les aime.


vendredi 6 novembre 2015

Landevennec en poésie

Aquarelles et poèmes de l'auteur.




Landevennec,

Landevennec aux vents exposée
Au creux de la rivière doucement lovée
En un lieu magique établie
Pour de mâtines jusqu'à complies
Chaque jour comme chaque nuit
Vers les cieux faire monter une prière épanouie

La moderne abbaye d'une forêt émergeant
Fait revivre les pierres séculaires à quatre pas de là gisant

Tandis qu'en bas plongées dans l'Aulne
De vieilles carcasses hier encore fiers vaisseaux
Peuvent enfin mesurer à l'aune
Du temps qui passe au fil de l'eau
La durée de toute éternité

Et dans ce paysage inaltéré
Hors du temps mais pas hors de la vie
Les moines de cette abbaye bénédictine
Outre liqueurs et pâtes de fruits
Profitent de cette expression de la bonté divine



Au fil de l'Aulne,

L'Aulne et ses méandres
De la mer se voudraient conquérants
Et se verraient tel Alexandre
Parés d'un destin bien plus grand

Mais c'est ainsi avant la mer
Vaste obstacle s'étend la rade
Et tes eaux jusque là paradent
C'est assez beau n'en sois pas amère

De tes brumes surgissent des mystères
Sur tes flancs on jurerait des Korrigans
Et de la mer jusque dans les terres
Découvrir la Cornouaille en naviguant

Fleuve enjoué
Par un curieux pont enjambé
Au loin rejoint l'Elorn
Et peut rêver du Cap Horn

Ainsi coule en Basse Bretagne
Ce fleuve venu de la Noire Montagne
Des pieds du Menez Hom
Et au doux nom de l'Aulne