lundi 23 juillet 2018

Carnet de Naples : vendredi et samedi

©Axel PIVET - la baie de Naples

Parmi les plaisirs de l'été figurent les week-end prolongés qui permettent de partir dans un avant-goût de vacances, délaissant pour un instant un bureau encore surchargé de dossiers à traiter avant l'échéance estivale tant attendue.

©Axel Pivet

Et voici comment, un matin ensoleillé de juillet où Paris tremble déjà sous la chaleur, nous arrivons à Orly sac au dos pour une destination qui reste un mystère pour nos filles, persuadées que nous allons en Bretagne. Seulement voilà, le hall des départs vers l'Europe n'est pas celui des lignes intérieures et rapidement l'absence de destinations bretonnes sur le tableau d'affichage fait naître des sourires coquins, l'astuce commence à être dévoilée.

©Axel Pivet - A bord d'Easy Jet vers Naples
Vol sans histoire, le traditionnel grand angle sur la cabine qui décidément m'occupe quelle que soit la durée du vol. Pas d'attente pour les bagages que nous avons sur nous et partons à la découverte de Naples par le bus de navette qui relie l'aéroport au port en passant par la gare centrale. Devant nos têtes effarées à la vue du centre ville, un autochtone aux origines françaises nous rassure en affirmant que c'était effectivement le coin le moins agréable de la ville, le reste étant beaucoup mieux... La suite du séjour nous prouvera que le mieux est l'ennemi du bien.

©Axel PIVET
Evidemment nous ne descendons pas au bon arrêt et il faudra prendre un taxi pour rejoindre notre hôtel. Qui dit taxi en Italie dit trajet en prière devant la conduite très spéciale que les chauffeurs peuvent adopter au milieu d'une anarchie collective bien établie.
Au lieu de nous déposer devant l'hôtel, ce qui était quand même le but de la manoeuvre, le taxi nous dépose sur une place en nous indiquant une rue qui nous aurons à prendre à pieds... En fait il n'avait pas envie de faire le tour du bloc avec ses sens interdits dans des ruelles étroites et comme le compteur ne tournait pas pour une course forfaitaire à la tête du chaland, autant ne pas faire trop d'efforts non plus.

©Axel Pivet - chambre mezzanine à l'hôtel Ecumano
Grande chambre en mezzanine, les enfants en bas et les parents en haut, par un escalier abrupte dont les marches sont dissymétriques pour gagner de l'espace. La sécurité de la construction et la prévention des chutes ne sont manifestement pas au cahier des charges de l'architecte.

©Axel Pivet - piscine de l'hôtel Ecumano
Vue sur la piscine de l'hôtel, qui est digne d'une piscine municipale car il s'agit d'un centre de sport avec cours de natation, salles de fitness. Résultat pratique, alors que la piscine est présentée comme un argument vendeur de l'hôtel, les clients ne peuvent y aller qu'à de brefs moments, surtout pas quand elle est vide ce que nous apprendrons à nos dépens.

©Axel Pivet - pizzéria Dal Presidente
Jour de match de coupe de monde. Je pensais que les italiens n'ayant pas été qualifiés ne s'intéresseraient pas à la compétition, mais au contraire chaque bar, chaque restaurant a son écran branché sur le match qui oppose ce jour-là la France à je ne sais quelle autre nation. Grand succès, que nous suivons en testant notre première pizza napolitaine dans un petit établissement réputé et recommandé par les guides touristiques français.

©Axel Pivet

Notre hôtel est dans le centre historique de Naples, totalement déroutant pour un étranger avec ses ruelles très étroites, sombres du fait de la hauteur des immeubles qui paraissent tous tomber en ruine, salles à n'en plus finir jusqu'aux débris de verre qui tombent entre les pavés sans pouvoir en sortir. En fin de soirée nous verrons les piles de cartons de pizza dans un angle de rue, toutes les poubelles étant scellées, des déchets partout, une odeur parfois repoussante, sans oublier ce rat mort entre deux voitures garées sur le trottoir. Et pourtant on nous avait annoncé que ce serait "mieux"... Comme quoi.

©Axel Pivet - a bord du train vers Pompei
Fuyons vers Pompéi le lendemain, en prenant le train qui longe la côte, omnibus desservant quelques banlieues puis stations balnéaires, offrant parfois une vue magnifique sur cette baie de Naples dont on dit qu'elle est parmi les plus belles du monde.
Une chaleur terrible malgré l'heure matinale, qui nous préserve de la foule touristique. Il faut parfois sortir des chemins balisés pour se promener librement dans des ruelles vides, qui respirent cette ambiance si particulière d'une ville où l'Histoire s'est figée violemment ce jour de 79 PC.
On pourrait, on devrait, passer des heures dans ce lieu si particulier où il y a tant à voir. Hélas sous une telle chaleur, chaque coin d'ombre est aussi rare que précieux, difficile de dessiner davantage sans prendre le risque de cuire sur place.

©Axel Pivet - Pompéi


Le frais d'un restaurant ombragé d'arbres assure une accalmie bien venue.

©Axel Pivet - à l'ombre des citrons
En rentrant à Naples, nous déambulons dans les rues plus ouvertes au bord du quartier espagnol, découvrons l'immense et majestueuse galerie Umberto Ier qui rappelle celles de Bruxelles par sa hauteur et son vitrage zénital. C'est un plaisir de pouvoir goûter une glace ou un tiramisu tout en observant les foules qui passent, touristes ou napolitains.

©Axel Pivet - Galeria Umberto I
©Axel Pivet - Galeria Umberto I
©Axel Pivet - Piazza Plebiscito
Le soir, tentative de dîner dans l'un des établissements signalés comme incontournables par tous les guides, qui précisent que passés une certaine heure la file d'attente est impressionnante. Sauf qu'ils oublient de préciser quand est cette "certaine" heure... Un autre établissement nous accueillera, tout aussi prisé, dans lequel il faut passer au travers de la cuisine pour accéder aux salles situées derrière.
Les napolitains en effet consomment davantage à emporter que sur place, où chaque client est d'abord taxé pour s'être assis et avoir pris des couverts.

©Axel Pivet
©Axel Pivet
©Axel Pivet



lundi 9 juillet 2018

Carnet de New York : le voyage aller



C’est un voyage comme on les aime, de ceux qui commencent en pleine nuit quand les yeux gonflés de sommeil mais le coeur alerte on boucle les valises, la voiture attend au pied de l’immeuble, traverse la ville déserte pour vous déposer trop tôt à l’aéroport.
Mais qui veut voyager tranquille n’est jamais en avance : il respecte le pied de pilote et profite du temps surnuméraire pour faire sans se presser ce que d’autres moins prudents font en catastrophe.
Un accueil chaleureux par Brussels Airlines qui se termine glacial avec l’annonce d’un problème sur le vol mais, ne vous inquiétez pas, nous allons vous mettre sur une autre compagnie. Le temps de s’imaginer volant sur quelque compagnie charter avec nos valises sur es genoux et nous voici renvoyés vers Air France, en grève ce jour-là et depuis un terminal situé au parfait opposé dans l’aéroport. Et c’est là que l’idée d’arriver en avance trouve son intérêt, même si à une heure où les corners à café ne sont pas encore ouverts ce n’est pas la foule qui empêche d’avancer rapidement.



Ce qui pourrait se révéler des incidents de voyage s’enchainent comme des perles ; après le vol transféré sur une autre compagnie qui fait la liaison directe (là où nous devions avoir une escale à Bruxelles), c’est un des passeports qui indique une anomalie nécessitant de passer par une autre file, celle où il n’y a aucune attente ; puis le contrôle aléatoire des passagers avant embarquement pour lequel notre fille aînée est appelée et qui nous vaut d’entrer dans l’avion avant tout le monde.
Et nous voici prenant place sans être pressés par ceux qui arrivent derrière, sur des places situées juste à l’arrière d’une cloison ce qui permet d’étendre ses jambes à l’aise sans craindre que le passager de devant, en baissant son siège ne vous colle son dossier dans le nez.

L’inconvénient d’être au milieu de l’avion est de n’avoir aucune vue vers un hublot mais qu’importe si ensuite u écran devant transmet depuis le nez de l’avion toutes les manoeuvres de décollage. 



Parmi les plaisirs du long-courrier il y a les repas bien sûr, qui ne vous sont pas servis parce que c’est l’heure mais parce que l’équipage a devant lui un créneau utile pour le faire, et les films que l’on peut regarder. La Passion Van Gogh, avec ses scènes réalisées par des peintres à la main et à la peinture à l’huile, dans le style de Vincent, m’a agréablement accompagné au-dessus de l’Atlantique.
Faute de recul avec cette cloison devant moi il n’y aura pas le classique croquis grand angle de la cabine, celui capable de vous occuper pendant la moitié d’un vol quand on pousse loin le souci du détail. On peut alors consulter l’écran pour suivre la progression de l’avion sur la carte, quand je réalise que nous sommes le 14 avril et que nous passons, à quelques milles près, à l’aplomb du site du naufrage du Titanic dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Pour un amateur de mer et d’histoire, cette coïncidence de temps et de lieu est une émotion sincère et intense, que je cherche à faire partager avec une hôtesse qui m’écoute d’un air poli mais pas nécessairement convaincu. Arès tout, l’histoire maritime n’est pas une tasse de thé à laquelle le plus grand nombre aime goûter.
J’essaie bien de peindre, mais la position du genou du passager de l’autre côté de l’allée, dépassant de façon proéminente et peu gracieuse de son siège, oblige quiconque remonte la coursive à faire un détour qui invariablement heurte mon épaule et me fait bouger.



Heureusement les 8 heures finissent par s’écouler et l’avion retrouve le sol, lourdement, presque violemment, me faisant penser à l’albatros de Beaudelaire, splendide dans les airs et si gauche posé à terre.
Vous pensez pouvoir sortir rapidement de l’aéroport, encore faut-il passer les officiers des douanes qui n’ont rien trouvé de plus drôle que d’aller tous déjeuner en même temps au moment où se posent simultanément 5 longs-courriers dont deux Airbus 380. Ceux qui entrent pour la première fois sur le territoire des Etats-Unis ne peuvent profiter des files rapides et il nous aura fallu plus de deux heures pour atteindre enfin le contrôle, prise d’empreintes digitales, photo et les traditionnelles questions sur la raison de notre présence.
Pendant ce temps nos bagages ont fini de tourner et nous attendent, en vrac posés par terre, sans aucune surveillance.
Enfin à l’air libre, New York nous attend à moins que ce ne soit nous qui attendons New York... Taxi jaune, embouteillages, les premiers gratte-ciel apparaissent au loin, un pont... mais non ce n’est pas le célèbrissime dont nous ne connaissons pas encore le nom et soudain Manhattan, Madison Avenue, plongée dans Central Park... ah non, sous Central Park et enfin l’hôtel.



Nous sommes debout depuis 4 heures du matin heure, en France il est déjà 21 h mais à New York il est a peine 15 h alors en route pour Central Park, à un bloc de l’hôtel situé face au Lincoln Center.
Samedi chaud et ensoleillé, la foule a envahi le parc et là, 4 français osant à peine déambuler, frappés de se dire « on y est, on y est ! », là dans ce par. Mondialement célèbre entourés de ces immeubles vertigineux.
Mais l’émotion et la fatigue du voyage viennent à bout des résistances les plus folles qui s’éventent en un concert de ronflements bien gagnés.



lundi 9 avril 2018

Croquis de marine


D'ordinaire il n'y a dans mes carnets que des croquis réalisés sur le vif, mais entre deux sorties quand l'envie de dessiner se fait forte, quand le besoin de s'exercer chatouille mes doigts, je travaille aussi sur un carnet d'exercice d'après mémoire ou d'après photo.


Grâce à la classification des articles de ce blog, on peut voir que les publications sur le thème de la mer ou sur l'environnement marin sont les plus nombreuses, signe évident d'un attachement fort de a part.


Mais un marin ne va pas en mer pour la mer, plus souvent par amour de tout ce qui permet d'aller en mer, que le bateau soit une simple barcasse ou un formidable navire.
Il n'est pas de marin qui ne puisse rester hypnotisé face à l'étrave d'un cargo, face à la ligne d'une frégate, face à la grâce d'un voilier.




Alors naturellement dans mes carnets naviguent des croquis de bateaux et parce que j'ai déjà fait beaucoup de voiliers à commencer par le mien, ce sont des unités de la Marine nationale que l'on retrouve en ce moment. Oh par forcément des navires les plus récents, un attachement à la Marine telle qu'elle existait dans ma jeunesse, celle qui tapissait les murs de ma chambre, celle qui remplissait les ouvrages de ma bibliothèque, me motivant au contraire à dessiner des bateaux qui pour certains sont désarmés, certains sont même déconstruits (on ne démolit pas un navire, on le déconstruit, c'est plus élégant).

La Marine d'hier a finalement son charme tout comme celle d'avant hier, à la voile et dans la fureur de la poudre et du fracas des canons, qui orne les murs des bureaux d'état-major ou des musées.
Alors je la croque, je m'entraine à retrouver ces lignes que la recherche de furtivité a renvoyé aux placards de l'histoire. Finis les bastingages auxquels s'appuyer en rêvant le regard plongé dans l'horizon sans obstacle ; finis ces ponts sur lesquels déambuler pour passer d'un bout à l'autre du navire sans passer par les coursives. Désormais tout est dissimulé, les hublots sont condamnés, les sabords, occultables, réservés aux aussières ; le dernier endroit d'où voir la mer est la passerelle mais encore faut-il y être habilité.


Dans mes croquis ces anciens bateaux reprennent vie, avec eux le temps révolu où embarquer permettait de voyager, de voir la mer.
Il reste bien des unités qui ressemblent encore à celles qui voguaient il y a peu et qui ont aussi du charme et j'aime par là m'intéresser à ce qui n'est pas en vogue, sous le feu de l'attention collective, tous ces bateaux qui n'attirent pas au premier regard.



Pas assez scientifique pour entrer dans la Marine, c'est par mes dessins que j'arrive aujourd'hui à prendre la mer à bord de ces bateaux qui de tous temps m'ont fasciné.


mercredi 7 mars 2018

Copenhague : samedi et dimanche

©Axel Pivet - Auto-croquis dans la vitre arrière d'une voiture

A Copenhague il n'y a pas de café au sens où on l'entend à Paris mais on y consomme des litres de café notamment chez Espresso House que l'on trouve à tous les coins de rue, conçus comme des Starbucks mais idéalement hyggelig. Se prénommer Axel là-bas quand on est touriste est la garantie d'être bien accueilli et au moins personne ne vient écorcher mon prénom en un "Alex" dysharmonieux. Il y a un square Axeltorv et un immeuble Axelborg, homonyme de l'éternel adversaire de Guy Lefranc en BD, mais que l'on peut traduire par Château d'Axel.

©Axel Pivet - Garde royale / Nyhavn - Copenhague

©Axel Pivet - Nyhavn, Copenhague

La gastronomie est plaisante, pas trop abondante mais qui tient bien au corps. Saluons l'effort de toujours traduire les cartes, idéal pour comprendre le contenu d'un plat. La tartine est un classique, tranche de pain généralement noir recouvert à l'inspiration de chaque restaurant.
Contrairement à une idée reçue, le saumon n'est pas servi à toutes les sauces, bien au contraire. Mais trois jours sont trop courts pour évoquer sérieusement la gastronomie d'un pays.

©Axel Pivet - Jardin Botanique de Copenhague

©Axel Pivet - Jardin botanique de Copenhague

Je rentre de ce séjour en ayant découvert l'origine du mot bluetooth, inspiré du roi danois Harald Blàtand ou Harald à la dent bleue qui à la fin du 1er millénaire a réalisé l'union des tribus danoises. Les initiales de son nom en runes donnent le logo de cette technologie.

©Axel Pivet - Pont entre le Danemark et la Suède

©Axel Pivet - Circle Bridge à Copenhague

Souvent quand on voyage on se projette en s'imaginant vivre en ce lieu mais l'adage reprend vite ses droits qui dit "voyage le monde et aime ton pays", qui vous ramène à la maison. Pourtant Copenhague est une ville dont l'art de vivre se fait réellement sentir et sans attendre. Oui le Danemark est un pays où il fait bon vivre et je comprends que ce soit le pays du hygge, cela se sent.

©Axel Pivet - Restaurant Kompasset, Nyhavn, Copenhague

©Axel Pivet - Restaurant Kompasset, Nyhavn, Copenhague

Assis sur les berges du port après avoir achevé un croquis, doucement mordu par un froid sec, j'ai perçu le plaisir le bonheur que l'on peut avoir à vivre de vivre à Copenhague. Dommage que le danois ne soit pas aisé à comprendre ni à parler car en dehors de dire "bonjour" (hej) et "au-revoir (hej hej) mais aussi "merci" (tak) je ne suis pas parvenu à identifier un traitre mot.

©Axel Pivet - A Copenhague, le métro et l'aéroport

©Axel Pivet - en vol à bord d'Easy Jet

©Axel Pivet - en vol à bord d'Easy Jet

En clôturant ce carnet consommé en à peine trois jours je synthétiserai Copenhague d'un simple mot : charmant !
Il y a autre chose aussi : pour un français, cela fait du bien d'aller se promener dans une capitale où la présence policière et militaire n'est pas perceptible à l'oeil nu, où le sentiment de sécurité prédomine presque palpable dans l'air.
Merci Copenhague !

©Axel Pivet - retour à Paris







Nyhavn de jour
Nyhavn la nuit
Hyggelig chez Kompasset à Nyhavn
un hamac en plein square