jeudi 27 août 2015

L'île aux Moines


Que dire sur l'Île aux Moines, dans le Golfe du Morbihan, qui n'ait déjà été écrit ? Autant laisser la plume dans son encrier et laisser au contraire s'exprimer le pinceau, pour raconter ces lumières sans cesse changeantes, qui illuminent ici un voilier tirant sur son mouillage ou là une propriété pieds dans l'eau.




A l'Est, la plage de Port Miquel tourne le dos aux courants du Golfe et offre douceur et quiétude, ici à marée descendante.

Tandis que sur la plage du Lério, les cabanes de plage regardent fièrement et pimpantes en direction de l'entrée du Golfe, là où les courants se font violents pour se jouer des embarcations.


Douceur d'un climat et beauté de la végétation, l'Île aux Moines appelle au calme, qui se goûte surtout hors saison.



jeudi 20 août 2015

A Rothéneuf, le havre du Lupin


Une nuit d’orage à succédé à une belle journée d’été, où le soleil a réchauffé doucement le sable de la grève qui pouvait se parer de teintes d’or.
A Rothéneuf, le havre reste immuable, vaste baie qu’alimente d’un côté le ruisseau du Lupin et de l’autre la force de la marée qui emplit tout ou au contraire le vide intégralement.
A marée basse s’échouent les bateaux au mouillage tandis que se lancent les pêcheurs à pieds qui profitent d’un vaste estran plat et abrité.


De toutes parts se dressent ici une presqu’ile aux falaises douces, ici une vasière aux pieds d’un bois, là des villas pieds dans l’eau alignées au-dessus d’une longue plage.
Dans un petit rio qui serpente, coloré de quelques algues, les enfants chassent les crevettes grises minuscules, des crabes microscopiques et élèvent des barrages que la marée emportera.


En haut de la plage très vite, tandis que les flots commencent leur lente migration sur la grève, dériveurs et planches à voile se préparent. Des baigneurs remontent au rythme du flot sur un sable qui chauffe l’eau.
Et soudain c’est toute a baie qui est remplie, chacun s’élance à l’assaut de cet enclos en une noria de voiles que rejoignent encore ceux qui arrivent du large en franchissant le Goulet.
Rarement un havre aura aussi bien porté son nom car sitôt franchies ces passes le marin se trouve abrité sur un plan d’eau qui lui offrira un repos compensateur.
Tandis que le vent au large se renforce et que des moutons viennent blanchir la crête des vagues, dans le havre la mer reste encore calme et les amateurs de voile peuvent profiter de conditions plus sportives.


Mais alors le ciel se fait entendre, rappelle vers les plages les aventuriers d’un instant, les premières gouttes tombent des nuages lourds et sombres que bientôt viennent zébrer des éclairs.

Et débute alors une soirée arrosée par le ciel, une nuit ponctuée de grondements et d’éclairs. Ainsi va la Bretagne où une tempête peut succéder à une belle journée sans aucun autre signe avant coureur que le vent qui doucement s’est renforcé. Mais n’est-ce pas ainsi qu’on l’aime cette belle région ?


mercredi 19 août 2015

Notre-Dame des Flots


S’il est un endroit appréciable entre tous, c’est bien la chapelle Notre Dame des Flots qui surplombe la falaise à l’entrée du havre de Rothéneuf, face à la baie de Saint Malo qu’elle domine pour mieux protéger les marins qui se risquent parmi les récifs à ses pieds.


Minuscule chapelle nichée au bord d’un sentier du littoral, dédiée à la Vierge dont la statue se dresse au sommet tournée vers la mer, destination d’un pèlerinage local le 15 août qu’en Bretagne on désigne sous le vocable de Pardon.


De là le regard embrasse la baie de Chausey jusqu’au cap Fréhel et l'on peut apercevoir l’essentiel des rochers affleurant ou îlots au travers desquels se glissent les chenaux d’accès au port de Saint Malo.
Que l’imprudent qui ne connaît pas les lieux s’abstienne de s’y engager sans une bonne carte s’il ne désire ouvrir sa coque sur ces roches traitresses tapies parfois juste sous la surface !

Mais là-haut règne une paix et une sérénité sans commun. « Si l’amour de Marie en ton cœur est gravé, Passant arrête-toi et récite un Avé » : telle est l’exhortation peinte en bannière au-dessus de la petite porte de la chapelle.


Assis-toi dans l’herbe ou abrite-toi du vent contre l’un des murs de l’oratoire et profite du spectacle grandiose de la mer devant toi ; sens toute son énergie qui s’exprime dans la lente respiration de la houle les jours de calme plat comme dans la fureur déchainée d’une tempête.
Comprends comme Saint Augustin que la beauté de la Nature pousse à glorifier le Père Créateur.

Laisse-toi gagner par la magie des lieux pour t’imprégner dans les yeux ce paysage à nul autre pareil. Et quand l’heure venue il te faudra rebrousser chemin et à nouveau t’engager parmi les buissons pour retrouver ta maison, alors il te faudra mesurer la patience avant de pouvoir enfin revenir à Notre Dame des Flots…


Sursum corda !

mardi 18 août 2015

Cimetière de bateaux de Kerhervi


Le Blavet coule au travers du Morbihan, glisse ses méandres sous les quais d’Hennebont et avant de franchir le Pont du Bonhomme pour entrer dans la rade de Lorient, abrite dans une de ses courbes le cimetière de bateaux de Kerhervi.
Une vaste vasière accueille mollement des dizaines et des dizaines de coques ayant fini leur voyage, venues ici chercher un repos tant mérité que plus personne ne songe à eux.
La peinture s’écaille à disparaître, entrainant dans sa poussière jusqu’au nom du bateau qui ainsi n’est plus qu’une coque.


Puis la mer et le temps qui passe, flux et reflux, se chargent de ronger les bois. La coque s’effrite telle une peau qui tombe, laissant se dresser vainement les varangues qui désormais prennent des allures de squelette dont les côtes sont des bras qui n’enserrent plus rien.
Et la vase lentement absorbe ce qui reste, lentement, si lentement que c’en est imperceptible et l’ancienneté du séjour ne mesure à la hauteur de ce qui émerge encore.


Ici se côtoient ceux arrivés il y a si longtemps qu’il n’en reste presque plus rien avec d’autres qui ont connu les Trente Glorieuses tandis qu’au loin incongru dort un transrade dont la coque en bois s’effondre sous le poids des superstructures métalliques rongées de rouille.
Toutes ces coques qui virent au noir de l’ébène sous les outrages du temps demeurent à jamais immobiles sous le regard de celles, rutilantes de couleur, mouillées  à quelque encablure dans la partie à flot du fleuve tandis que passent avec à peine un regard d’autres coques qui filent rejoindre la mer ou majestueusement remontent vers Hennebont.


C’est la version marine d’autres vanités qui se joue dans cette courbe du Blavet, dans une ambiance pourtant si paisible à jamais éloignées des fureurs des tempêtes en mer.

Retour à la nature pour ces coques dont les bois sont venus des forêts toutes proches et qui se désagrègent en douceur au pied de vallons arborés…