vendredi 6 novembre 2015

Landevennec en poésie

Aquarelles et poèmes de l'auteur.




Landevennec,

Landevennec aux vents exposée
Au creux de la rivière doucement lovée
En un lieu magique établie
Pour de mâtines jusqu'à complies
Chaque jour comme chaque nuit
Vers les cieux faire monter une prière épanouie

La moderne abbaye d'une forêt émergeant
Fait revivre les pierres séculaires à quatre pas de là gisant

Tandis qu'en bas plongées dans l'Aulne
De vieilles carcasses hier encore fiers vaisseaux
Peuvent enfin mesurer à l'aune
Du temps qui passe au fil de l'eau
La durée de toute éternité

Et dans ce paysage inaltéré
Hors du temps mais pas hors de la vie
Les moines de cette abbaye bénédictine
Outre liqueurs et pâtes de fruits
Profitent de cette expression de la bonté divine



Au fil de l'Aulne,

L'Aulne et ses méandres
De la mer se voudraient conquérants
Et se verraient tel Alexandre
Parés d'un destin bien plus grand

Mais c'est ainsi avant la mer
Vaste obstacle s'étend la rade
Et tes eaux jusque là paradent
C'est assez beau n'en sois pas amère

De tes brumes surgissent des mystères
Sur tes flancs on jurerait des Korrigans
Et de la mer jusque dans les terres
Découvrir la Cornouaille en naviguant

Fleuve enjoué
Par un curieux pont enjambé
Au loin rejoint l'Elorn
Et peut rêver du Cap Horn

Ainsi coule en Basse Bretagne
Ce fleuve venu de la Noire Montagne
Des pieds du Menez Hom
Et au doux nom de l'Aulne







lundi 26 octobre 2015

Lorient et ses ports

On dit de Lorient qu'elle est la ville aux 5 ports : militaire, passagers, voile, commerce, pêche.
Ce qui est certain, c'est que quand on s'y promène le port semble un tant il est partout.


La construction navale, activité d'origine qui a permis la création de la ville, d'abord appelée L'Orient, est la dernière subsistance du port militaire.


Le transport des passagers se fait modestement mais activement entre Lorient et l'île de Groix juste en face, mais aussi entre Lorient et les communes alentours, notamment sur l'autre rive.


La voile en revanche est toujours plus active notamment autour de la Cité Tabarly où les anciennes alvéoles destinées aux sous-marins abritent désormais des coureurs de mer venus là se préparer à leurs prochaines courses.


L'Histoire reste bien présente dans cette base de Kéroman où l'on peut visiter un vieux sous-marin.


Vue de l'estuaire du Ter, les oiseaux de mer semblent se désintéresser de cette activité grouillante parmi cette forêt de mats.


Quand on s'approche, on peut croiser et aborder simplement tel skipper ou même ancienne gloire de courses au large en train de travailler sur son voilier.




Sans oublier de regarder avec plaisir l'ancienne capitainerie du port de Kernevel autrefois installée dans cette belle villa...

samedi 26 septembre 2015

Le sentier du littoral


Tout autour de la côte circule et serpente le sentier des douaniers qui en principe permet de faire le tour de toute la Bretagne. En principe car il faut parfois quitter le littoral pour contourner un cours d’eau, une propriété privée.



Mais quel bonheur de cheminer en gardant la mer en ligne de mire, compagne de promenade qui se fait oublier ou au contraire qui hypnotise par la beauté des paysages qu’elle offre.



J’aime emprunter ce chemin, jamais vraiment à nous, si changeant d’un pas sur l’autre, parfois dans une forêt, tantôt dans une lande, ici encore au milieu des fourrés, là au travers d’une nudité rocailleuse.



Chardons ou ajoncs, genêts ou bosquet de ronces, fleurs ou arbres, tout y pousse pour offrir une diversité autour du marcheur dont le regard se perd à l’infini. La mer au même moment se pare de couleurs sans cesse changeantes, émeraude ou grise, outre-mer ou blanche.


Une telle promenade a ceci de plaisant d’inciter à une paisible méditation. Inutile de penser à quoi que ce soit, laissons la mer nous porter où l’esprit voudra bien aller. On peut ainsi marcher des heures sur une plage, sur des rochers, sans se lasser de quoi que ce soit. Inutile de parler, le chant du vent et le murmure de la mer, parfois son grondement, se suffisent à eux-mêmes.


Le chemin passe au creux d’un aven ou le long d’une rivière ? C’est alors le long discours des oiseaux et le bruissement des roseaux et hautes herbes qui assurent l’animation sonore, parfois ponctuée du moteur d’un bateau qui passe là.


Le chemin passe aux abords d’une anse, d’un port ou d’un abri ? C’est alors le ballet des voiliers qui entrent ou sortent, papillons aux ailes blanches ou écrues, parfois couleur de brique comme en fabriquaient les anciens maîtres voiliers.


Dans ce décor la mer s’offre coquette quelques pics colorés, ces perches ou balises, parfois tourelles, qui doivent guider le marin au travers des embûches des récifs qui la font bouillir et où les vagues se brisent sur leur dos. Ce sont autant de tâches sur l’immensité d’un bleu profond, repères visuels pour le promeneur du littoral.



Du Mont St Michel aux rives de la Loire, le sentier fait ce tour majestueux sans s’interrompre, parcours sinueux et si varié qu’on peut le refaire sans déplaisir tant le spectacle est assuré d’être renouvelé de marée en marée.


vendredi 4 septembre 2015

Sortie en mer






























La mer est indissociable de la Bretagne, pas seulement par son paysage qu'elle façonne, mais encore par sa culture dont elle est le gêne premier.


Tout ceux qui ne vivent pas en Bretagne mais qui aiment cette région sont insensiblement mais irrésistiblement attirés par la mer. Sortir en mer, c'est voir la terre autrement, un angle nouveau comme si tout subitement pouvait être redécouvert. Il n'est pas de lieu qui, vu depuis le pont d'un bateau, ressemble à celui que l'on voit depuis la terre.



Pour cette seule vue une sortie en mer se justifie. Sentir la fraicheur de l'eau monter à soi tandis que le vent se fait murmure, chercher l'abri dérisoire de la cabine quand le vent se fait grondement, mais toujours sentir la respiration, lente ou hachée, de la mer qui soulève à son rythme le bateau.


S'abandonner à la rêverie en contemplant cette eau qui défile tandis que file la coque, suivre longuement le vol plané d'un oiseau de mer qui curieux s'approche de ce voilier en quête d'un possible butin à avaler.


Que ce soit entre trois bouées ou d'un bout à l'autre d'une baie, une sortie en mer est toujours un voyage pour qui se laisse porter par le rêve. Voyage comme autrefois les marins bretons pouvaient en faire vers leurs lieux de pêche ou pour transporter leurs marchandises à vendre. Si l'impression n'en est que plus forte à bord d'un vieux gréement, pas besoin de beaucoup d'imagination pour être transporté dans un tel voyage à bord d'un voilier moderne.


Le vent siffle dans les haubans et fait chanter les voiles pendant que l'étrave creuse un sillon que la coque transforme en sillage. Tel un cheval qui hennit, les voiles se rebiffent à l'occasion en claquant avant de se retendre et se gonfler dans le vent. Le bateau se cabre et repart de plus belle, durcissant la barre en grimpant sur la vague qui suit, avant de basculer au sommet et redescendre en glissade sur la joue, dans un ballet qui n'a de fin qu'au virement de bord suivant ou quand les voiles, dans un dernier soubresaut, seront ferlées sur le pont.








jeudi 27 août 2015

L'île aux Moines


Que dire sur l'Île aux Moines, dans le Golfe du Morbihan, qui n'ait déjà été écrit ? Autant laisser la plume dans son encrier et laisser au contraire s'exprimer le pinceau, pour raconter ces lumières sans cesse changeantes, qui illuminent ici un voilier tirant sur son mouillage ou là une propriété pieds dans l'eau.




A l'Est, la plage de Port Miquel tourne le dos aux courants du Golfe et offre douceur et quiétude, ici à marée descendante.

Tandis que sur la plage du Lério, les cabanes de plage regardent fièrement et pimpantes en direction de l'entrée du Golfe, là où les courants se font violents pour se jouer des embarcations.


Douceur d'un climat et beauté de la végétation, l'Île aux Moines appelle au calme, qui se goûte surtout hors saison.



jeudi 20 août 2015

A Rothéneuf, le havre du Lupin


Une nuit d’orage à succédé à une belle journée d’été, où le soleil a réchauffé doucement le sable de la grève qui pouvait se parer de teintes d’or.
A Rothéneuf, le havre reste immuable, vaste baie qu’alimente d’un côté le ruisseau du Lupin et de l’autre la force de la marée qui emplit tout ou au contraire le vide intégralement.
A marée basse s’échouent les bateaux au mouillage tandis que se lancent les pêcheurs à pieds qui profitent d’un vaste estran plat et abrité.


De toutes parts se dressent ici une presqu’ile aux falaises douces, ici une vasière aux pieds d’un bois, là des villas pieds dans l’eau alignées au-dessus d’une longue plage.
Dans un petit rio qui serpente, coloré de quelques algues, les enfants chassent les crevettes grises minuscules, des crabes microscopiques et élèvent des barrages que la marée emportera.


En haut de la plage très vite, tandis que les flots commencent leur lente migration sur la grève, dériveurs et planches à voile se préparent. Des baigneurs remontent au rythme du flot sur un sable qui chauffe l’eau.
Et soudain c’est toute a baie qui est remplie, chacun s’élance à l’assaut de cet enclos en une noria de voiles que rejoignent encore ceux qui arrivent du large en franchissant le Goulet.
Rarement un havre aura aussi bien porté son nom car sitôt franchies ces passes le marin se trouve abrité sur un plan d’eau qui lui offrira un repos compensateur.
Tandis que le vent au large se renforce et que des moutons viennent blanchir la crête des vagues, dans le havre la mer reste encore calme et les amateurs de voile peuvent profiter de conditions plus sportives.


Mais alors le ciel se fait entendre, rappelle vers les plages les aventuriers d’un instant, les premières gouttes tombent des nuages lourds et sombres que bientôt viennent zébrer des éclairs.

Et débute alors une soirée arrosée par le ciel, une nuit ponctuée de grondements et d’éclairs. Ainsi va la Bretagne où une tempête peut succéder à une belle journée sans aucun autre signe avant coureur que le vent qui doucement s’est renforcé. Mais n’est-ce pas ainsi qu’on l’aime cette belle région ?


mercredi 19 août 2015

Notre-Dame des Flots


S’il est un endroit appréciable entre tous, c’est bien la chapelle Notre Dame des Flots qui surplombe la falaise à l’entrée du havre de Rothéneuf, face à la baie de Saint Malo qu’elle domine pour mieux protéger les marins qui se risquent parmi les récifs à ses pieds.


Minuscule chapelle nichée au bord d’un sentier du littoral, dédiée à la Vierge dont la statue se dresse au sommet tournée vers la mer, destination d’un pèlerinage local le 15 août qu’en Bretagne on désigne sous le vocable de Pardon.


De là le regard embrasse la baie de Chausey jusqu’au cap Fréhel et l'on peut apercevoir l’essentiel des rochers affleurant ou îlots au travers desquels se glissent les chenaux d’accès au port de Saint Malo.
Que l’imprudent qui ne connaît pas les lieux s’abstienne de s’y engager sans une bonne carte s’il ne désire ouvrir sa coque sur ces roches traitresses tapies parfois juste sous la surface !

Mais là-haut règne une paix et une sérénité sans commun. « Si l’amour de Marie en ton cœur est gravé, Passant arrête-toi et récite un Avé » : telle est l’exhortation peinte en bannière au-dessus de la petite porte de la chapelle.


Assis-toi dans l’herbe ou abrite-toi du vent contre l’un des murs de l’oratoire et profite du spectacle grandiose de la mer devant toi ; sens toute son énergie qui s’exprime dans la lente respiration de la houle les jours de calme plat comme dans la fureur déchainée d’une tempête.
Comprends comme Saint Augustin que la beauté de la Nature pousse à glorifier le Père Créateur.

Laisse-toi gagner par la magie des lieux pour t’imprégner dans les yeux ce paysage à nul autre pareil. Et quand l’heure venue il te faudra rebrousser chemin et à nouveau t’engager parmi les buissons pour retrouver ta maison, alors il te faudra mesurer la patience avant de pouvoir enfin revenir à Notre Dame des Flots…


Sursum corda !