dimanche 7 janvier 2018

Carnet de Noël

Retour à Perpignan pour une petite semaine de vacances entre Noël et le jour de l'An ; la météo est plus clémente qu'ailleurs en France ce qui signifie promenades au menu, chaque jour et si possible sans jamais revenir au même endroit.
Ouvrons les pages de ce carnet.


Argelès est située au sud du cordon littoral, juste avant qu'il ne soit rejoint par le massif des Albères, la pointe des Pyrénées entrant dans la mer. Grande plage bordée de pins, la stations balnéaire a des airs de ville morte en cette saison : toutes les maisons du front de mer sont fermées, ainsi que les hôtels.


Matin de Noël près des dunes de Canet-Plage. Au sud de cette station, le village cède la place à la nature et les dunes prennent le relai du remblai bien droit qui sert de promenade. Ce matin-là, des nuages chargés remplissent le ciel et recouvrent la mer ; relève ton col promeneur, on croirait un paysage de la Mer du Nord.


Soir du 25 décembre, c'est la traditionnelle rifle des Templiers, à Collioure. Dans toutes les salles on se presse pour trouver une petite place assise autour des grandes tablées, chacun s'équipe de son ou ses cartons, les jetons sont prédisposés sur les tables en petits tas et enfin, Robert "le nommeur" prend la parole et lance près de 2 heures de show en tirant les numéros. Ça hurle tout ce que ça peut pour l'inciter à sortir le bon numéro jusqu'à entendre le "halte !" qui indique qu'un joueur a rempli sa quine. Chaude ambiance mais mal de crâne garanti à la sortie, entre le bruit et la chaleur.


Partout le Canigou se laisse apercevoir mais les centres commerciaux offrent les points de vue les plus dégagés pour profiter de la belle robe enneigée de la "montagne sacrée" des catalans.


Randonnée dans les hauts de Valmy, sur les pentes de la Massane. Plus de 2 heures sont nécessaires pour atteindre le sommet et la Tour Massane, mais quelques balcons, moins hauts, offrent un point de vue panoramique sur la plaine du Roussillon, depuis Argelès là à droite jusqu'au cap des Trois Frères tout là-bas ; à gauche Elne blottie autour de sa cathédrale et plus loin Perpignan.


Excursion en Espagne. La station de l'Escala est si courue en été qu'elle en est infréquentable mais en plein hiver elle rappelle ces stations du sud de l'Espagne, créée aux temps des splendeurs du tourisme et transformées en villes fantôme par la crise de 2008. Les restaurants sont fermés, le port de plaisance est à l'arrêt, peu de monde dans les rues.


Alors que le vent se lève, je m'arrête devant une rangée de "pointus" traditionnels, tous colorés. Je n'aurais pas le courage de les dessiner globalement, le vent se renforce et le froid avec. Une tempête tombe violemment sur la station, la voiture en est secouée et fouettée par les vagues qui claquent sur les rochers.


Dans la petite crique de l'Empuriès, sous les ruines archéologiques de l'ancienne cité d'abord grecque puis romaine, le vent m'arrache mon chapeau. C'est couvert comme un esquimau que je découvre cette vue sur la baie de Rosès que l'on aperçoit au loin, s'agrippant aux flancs de la montagne. Empuria Brava se distingue facilement, taillée avec ses immeubles au garde à vous.


Dernier jour avant de prendre la route, dernière promenade vers les étangs de Canet. De là, la vue vers le Canigou et son massif environnant  est libre sur presque 180°. Dissimulé entre quelques roseaux je croque ce qui sera l'aquarelle de la carte de voeux du cabinet pour cette année. Quelques nuages s'accrochent aux sommets ; le vent est froid et mord les doigts, je referme à regret ma palette et mon carnet dans le même temps. 

mercredi 3 janvier 2018

Perpignan à la Toussaint

Autrefois, un temps de Toussaint désignait sans ambage une période froide et humide balayée d’un vent qui vous touche jusqu’aux os.
Mais sitôt touché les rivages de la Méditerranée quand les montagnes s’y jettent la tête la première, alors l’ambiance de Toussaint fait place à un automne indien des plus convainquant.

Quelques croquis de ces vacances entre octobre et novembre 2017, sous la douceur méditerranéenne.

Sur la plage, la vue du reflet du soleil est hypnotique.


Randonnée depuis l'anse de Paulilles.

Petite halte pour saluer un membre de la famille en maison de repos.

Retour à la Franqui.


A l'entrée du port de Port-Barcarès.

Splendeur du coucher de soleil sur l'étang de Salses Leucate. Les montagnes s'enflamment.

Pochade en Espagne à Lloret de Mar.

Lloret de Mar en Espagne, un curieux château qui n'a rien de médiéval.

Sur la plage de St Cyprien, la vue vers les Pyrénées plongeant dans la mer m'attire toujours autant.

A Barcarès, il y a une estacade qui se prolonge loin en mer, depuis laquelle le spectacle du temps de novembre tombant était magnifique à capturer.

mardi 10 octobre 2017

Court week-end à Perpignan


On ne voyage pas toujours pour le plaisir, l’essentiel est alors de voyager avec plaisir, même si les conditions ne sont pas idéales d’un esprit serein. Ainsi au bout des embouteillages parisiens, passé le temps d’attente dans un salon quelconque d’une gare qui parait déserte, le train de nuit qui relie les destinations de Rodez, Port-Bou et Latour Carol (heureusement, ce n’est qu’un train qui se partage en trois). L’excitation de retrouver un compartiment couchette, comme dans mon enfance quand toute la famille en occupait un pour partir pendant les vacances de juillet. Je n’ai pas envie de descendre le rideau jusqu’en bas pour profiter, le nez sortant du drap couette, du paysage nocturne qu’une pleine lune vient éclairer. Aller à Perpignan en passant par Bordeaux n’est pas le chemin le plus court, nous y passerons une partie de la nuit. Mais pourquoi la SNCF laisse-t-elle ses TGV allumés à l’arrêt ?


Magie du réveil quand devant les yeux le paysage du Minervois défile dans les premières lueurs du jour. Je reste toujours émerveillé comme un enfant quand le voyage me projette aussi vite dans l’ailleurs. Hier les rues de Paris sous la grisaille, ce matin le sud et son soleil généreux ; la nuit entre les deux a effacé les distances.




L’arrivée le long de la cote catalane se fait par une bande de terre qui traverse les étangs de Leucate, donnant l’impression de circuler sur l’eau qui nous entoure de droite et de gauche. Au loin, derrière la langue littorale, la mer se laisse deviner.


La mer que sans tarder nous irons voir en profitant d’une période creuse dans la saison, ce ne sont pas les vacances ni un week-end prolongé, pour visiter Collioure. Impossible de s’y rendre en été tant les places sont rares et le petit café en bord de plage commençait à manquer depuis le temps ! Les pointus sont encore là, colorés et bien alignés, encore à flot pour faire plaisir aux visiteurs en offrant une vision carte postale de la région.
Le temps du croquis fait disparaître le temps qui passe et presque oublier les raisons de notre venue dans la région.


L’après-midi nous voit au centre hospitalier de Perpignan. Le temps d’un café permet de profiter d’une verrière qui abrite d’impressionnants bananiers. La vue de la chambre se perd au loin vers les Corbières dont on aperçoit les éoliennes brasser le vent permanent.



Pour se gorger d’air et se remplir les yeux de mer, car ce soir il faudra déjà repartir, prenons la route de Canet en Roussillon. La plage est déserte, qui d’ordinaire est noire de monde quand l’été est là, offerte au calme et propice à la méditation devant un spectacle sans doute déjà croqué mais toujours hypnotique. Les Pyrénées se jettent à l’eau avec les Albères, barrière avant l’Espagne, parfait exercice de perspective atmosphérique.


Comment ne pas se laisser prendre par le jeu des vagues. Elles viennent sans cesse à l’assaut du rivage, sans espoir de gagner faute de marée. Elles se gonflent comme on bombe le torse, se précipitent en avant en s’inclinant pour finir en rampant, puis recommencent. La lumière qui les traverse au moment de déferler me fascine.


Retour à l’hopital ; depuis les couloirs la vue sur les Pyrénées est attractive. Je choisis de faire abstraction du pavillon de médecine du sport (oui j’ai eu le temps de visiter dans l’espoir de trouver une vue totalement dégagée) pour me concentrer sur le Canigou, vierge de neige, dressé au-dessus de la plaine du Roussillon, gardien millénaire de la région. J’aime cette montagne, son allure fière mais accessible (la preuve, j’ai réussi à la gravir jusqu’au sommet !) et le dessin est le seul média à même d’en rapporter une vue panoramique pour quiconque ne serait pas équipé d’un matériel sur-puissant ou d’un drone.


Voyage retour, le train cette fois traverse la France de jour et laisse le temps de croquer au vol un mas isolé. Tant que la ligne n'autorise pas les grandes vitesses, il est encore possible d'apprécier la vue ; la traversée des étangs entre Leucate et Sigean exerce tout son pouvoir d'attraction. La Franqui au loin me donne l'occasion de revoir les rivages d'Henry de Monfreid. Mais bientôt la vitesse s'affole, le paysage n'est plus qu'un ruban qui défile si vite qu'il en devient flou, les yeux se posent sur un livre, la rêverie est finie.


mardi 19 septembre 2017

Le Carnet breton - 6 - Gastronomie


Pour terminer de feuilleter les pages du Carnet breton, un peu de repos, passons à table pour profiter des douceurs de la gastronomie bretonne ou des petits plaisirs que l'on s'accorde en vacances. Dans ces petits plaisirs il y a bien sûr aussi le croquis !


Laissons de côté les commentaires pour se concentrer sur l'image mais juste un mot sur certains croquis qui évoquent tous un café crème servi dans un bol traditionnel, ou plus exactement conforme à une tradition familiale qui offre à chaque membre un bol peint à son prénom. Mon bol à Lorient est celui de ma naissance, j'y tiens tout particulièrement, il est associé au-delà du souvenir d'enfance aux vacances, aux séjours en Bretagne et devient à lui seul évocateur, d'où sa présence si régulière dans mes carnets, tel un fil rouge.















dimanche 17 septembre 2017

Le Carnet breton - 5 - Le voilier Pistache


De tout l'été il y aura eu un acteur présent comme un fil rouge dans ce Carnet breton c'est bien Pistache, notre petit voilier familial. Des croquis réalisés à son bord ont déjà été publiés par ici, en voici désormais le représentant.
Certains auront été croqués à bord, d'autres du quai ou depuis un autre voilier.


Croquer à bord suppose soit, en solitaire une absence de vent qui permette de dessiner pendant que le bateau poursuit tranquillement sa route sans trop s'en éloigner, soit un autre barreur. Pour dessiner et peindre, c'est parfois plus périlleux car les mouvements du bateau sont rarement compatibles avec la précision que requiert a minima le pinceau, ce qui donne une touche qui sort de l'ordinaire au croquis final.



Dessiner en mer, c'est finalement allier deux passions, traduire par le croquis le bonheur d'un instant passé à naviguer, la beauté des couleurs quand le ciel flamboie le soir en rentrant tardivement au port, la fierté du skipper devant son bateau, quelle qu'en soit la taille.
Pistache est classé "pêche - promenade" officiellement, la belle affaire : c'est notre voilier, celui à bord duquel la famille a plaisir à sortir, celui avec lequel j'ai de la joie d'être en mer, et c'est bien la tout ce qui compte à nos yeux.
Alors le peindre, parfois maladroitement car il est rare de pouvoir être installé confortablement pour cela, c'est lui rendre hommage en quelque sorte.